Un automne pour te pardonner – Morgane Moncomble

Couverture de Un automne pour te pardonner de Morgane Moncomble

📚 En bref

  • Autrice : Morgane Moncomble
  • Série : Seasons #1
  • Genres : Romance contemporaine · Romance à suspense · Thriller romantique
  • Tropes : Enemies to Lovers · Second Chance · Forced Proximity · Murder Mystery
  • Thèmes : Harcèlement scolaire · Pardon · Rédemption · Culpabilité · Enquête criminelle
  • Niveau de sensualité :🌶️Élevé – scènes sexuelles explicites
  • Durée : 12 h 08
  • Éditeur audio : Éditions Thélème
  • Version lue : Français · Livre audio intégral
  • Narrateurs : David Bocian · Manu Fullola · Juliette Verdier

Je me suis une nouvelle fois laissée tenter par un audiobook, ce qui est assez rare chez moi. Ma dernière expérience remontait à l’année précédente et avait déjà été laborieuse : lorsque je découvre une histoire en format audio, mon attention a tendance à décrocher et mes pensées à vagabonder.

J’ai malgré tout décidé de retenter l’expérience avec Un automne pour te pardonner, premier tome de la série Seasons de Morgane Moncomble, paru en 2023. Une lecture dont je ressors avec des sentiments très partagés.

Résumé

Camélia O’Brien, future avocate passionnée d’enquêtes criminelles, apprend la mort mystérieuse de Rory Cavendish, son ancien harceleur. Le principal suspect n’est autre que Lou McAllister, le meilleur ami de Rory et l’un de ceux qui lui ont fait le plus de mal par le passé.

Déterminée à découvrir la vérité, Camélia accepte de défendre Lou. Ensemble, ils vont tenter de faire la lumière sur cette affaire, tout en affrontant les blessures du passé, les secrets enfouis et les sentiments qui renaissent peu à peu entre eux.


Le point de départ est particulièrement intéressant, d’autant que le roman s’annonce riche en thématiques fortes : le harcèlement scolaire et ses conséquences, le pardon, la rédemption et la possibilité de reconstruire une relation après une trahison. L’enquête criminelle vient également ajouter une dimension thriller à cette romance.

Avec un tel point de départ et les nombreux avis élogieux que j’avais lus sur les réseaux sociaux et les blogs littéraires, je m’attendais à une lecture intense, portée par une intrigue bien construite. J’abordais donc ce roman avec des attentes assez élevées.

Mon avis

Je ne vais pas passer par quatre chemins : j’ai été déçue par ce livre.

Sur le papier, il avait pourtant tout pour me plaire. Une enquête criminelle, une romance enemies-to-lovers et des thèmes intéressants : je pensais sincèrement passer un excellent moment. Malheureusement, je n’ai jamais réussi à entrer complètement dans l’histoire.

Un style qui ne m’a pas convaincue

J’ai d’abord pensé que mon ressenti venait peut-être du format audio, ou du fait que je lis peu de romances contemporaines en français, la plupart de mes lectures récentes du genre étant en anglais. Mais, avec le recul, je pense que le principal problème venait surtout du style d’écriture.

Les dialogues m’ont souvent paru artificiels et peu naturels. J’avais régulièrement l’impression que les personnages ne parlaient pas comme de vraies personnes, ce qui a rendu difficile mon immersion et mon attachement à eux. Plus largement, j’ai trouvé l’écriture assez immature.

Par moments, le roman m’a rappelé certaines fanfictions ou histoires publiées sur Wattpad. J’ai d’ailleurs appris après ma lecture qu’il avait d’abord été publié sur cette plateforme, ce qui m’a fait sourire tant cette impression m’avait accompagnée tout au long du récit. Ce n’est évidemment pas une critique de Wattpad en soi, où l’on trouve parfois d’excellentes histoires, mais je me suis demandé si certains aspects du texte n’auraient pas mérité davantage de retravail avant sa publication en maison d’édition.

Je précise que ce n’est pas la jeunesse des personnages qui m’a dérangée. J’ai déjà lu de nombreuses romances mettant en scène des étudiants ou de jeunes adultes que j’ai beaucoup appréciées. Ici, c’est davantage le ton général, les dialogues et certaines réactions qui m’ont donné l’impression de lire un texte destiné à un public beaucoup plus jeune que moi.

Autre élément qui m’a gênée : le caractère très explicite de certaines scènes intimes. C’est avant tout une question de goût personnel, car je ne suis déjà pas particulièrement friande des scènes de sexe très graphiques dans les romances en anglais.

Or, je ne savais absolument pas dans quoi je m’embarquais. Pour ma première découverte de l’autrice et de la new romance, je m’attendais davantage à une histoire centrée sur les émotions, les traumatismes et l’évolution des personnages. Certaines scènes m’ont donc semblé beaucoup trop détaillées. En version audio, l’effet était encore plus dérangeant : j’ai parfois ressenti une étrange impression de voyeurisme.

Des clichés à la pelle

J’ai également trouvé que le roman accumulait les clichés. J’ai eu parfois l’impression que l’autrice avait réuni tous les ingrédients susceptibles de séduire un large public : des archétypes reconnaissables, des sujets de société actuels et une multitude de thèmes populaires.

On retrouve ainsi la jeune fille discrète et passionnée de lecture, le garçon populaire et toxique, le meilleur ami qui semble être un bad boy mais cache en réalité une grande sensibilité, le sportif musclé pas très intelligent ou encore la jeune femme riche, populaire et chipie.

Pris séparément, ces archétypes ne me dérangent pas forcément. C’est plutôt leur accumulation qui m’a donné l’impression que le roman cherchait à cocher toutes les cases plutôt qu’à développer ses personnages en profondeur.

Certains procédés m’ont aussi agacée. Un personnage, en particulier, parsème régulièrement ses conversations d’expressions latines, parfois au beau milieu d’une phrase. J’imagine que l’objectif est de souligner son érudition, mais j’ai trouvé cela forcé et peu naturel. Car qui parle comme ça ?!

Même constat pour les nombreuses références culturelles. Entre Agatha Christie, Oscar Wilde et d’autres figures célèbres, j’ai parfois eu l’impression d’assister à une démonstration de culture plutôt qu’à quelque chose qui enrichissait réellement l’histoire. Ce name-dropping a eu plutôt tendance à me sortir du récit qu’à renforcer mon immersion.

Pour être honnête, heureusement que j’écoutais ce livre en travaillant : c’est probablement ce qui m’a permis d’aller jusqu’au bout. D’ailleurs, j’ai maintes fois pensé abandonner tant j’ai trouvé le roman long, peu crédible et ponctué de situations frustrantes.

À plusieurs reprises, je me suis surprise à lever les yeux au ciel ou à rire (surtout de frustration) devant des scènes qui me semblaient involontairement comiques. Cette lecture m’a fait ressentir beaucoup de choses, mais rarement celles que l’autrice cherchait probablement à provoquer.

Des personnages et des relations qui m’ont laissée de marbre

C’est probablement l’aspect du roman qui m’a le plus posé problème.

Je n’ai apprécié aucun des personnages, que j’ai trouvés globalement toxiques, et leurs relations ne m’ont pas davantage convaincue. Or, toute l’histoire repose sur la dynamique entre Camélia et Lou. Si celle-ci ne fonctionne pas, il devient difficile de s’investir dans le récit.

Petite anecdote amusante : lorsque j’ai commencé le prologue, je pensais que Lou était une femme. J’ai même dû faire une recherche Google pour m’en assurer ! Une fois cette confusion dissipée, je me suis surtout retrouvée rebutée par les relations amoureuses entremêlées au sein de cette bande d’amis. Ce n’est pas ma tasse de café, mais passons.

Dès le résumé, Rory nous est présenté comme le principal responsable du harcèlement, tandis que Lou apparaît comme une figure plus nuancée, qui se serait simplement laissé porter par les événements. Pourtant, plus j’avançais dans ma lecture, plus cette distinction me semblait artificielle.

Certes, Rory est clairement le meneur et le personnage le plus toxique du groupe. Mais Lou connaissait son comportement et les souffrances qu’il infligeait à Camélia. Malgré cela, il est resté à ses côtés pendant des années. Le roman cherche à le présenter comme moins coupable, mais je n’ai jamais réussi à adhérer à cette vision. À mes yeux, il porte lui aussi une responsabilité importante.

Quant aux autres membres de la bande, je les ai trouvés sous-exploités. Skye, Gideon et Alastair auraient pu être intéressants, mais ils apportent finalement peu à l’intrigue. Même constat pour les amies de Camélia : j’ai eu du mal à croire qu’elles viennent de différents coins du monde uniquement pour célébrer son vingt-troisième anniversaire. J’ai surtout eu l’impression que leur présence servait à préparer les tomes suivants de la série plutôt qu’à enrichir ce premier volume.

Une romance à laquelle je n’ai jamais cru

Le plus gros problème reste cependant la relation entre Camélia et Lou.

À aucun moment, je n’ai cru à leur histoire d’amour. Étrangement, la relation entre Rory et Lou, quoique très toxique, m’a même semblé plus convaincante !

Camélia affirme détester Lou et lui reproche son rôle dans son passé traumatique, mais leur rapprochement m’a paru beaucoup trop rapide. Plus gênant encore, ils abordent à peine le sujet qui devrait pourtant être au cœur de leur relation : le harcèlement qu’elle a subi.

Comment reconstruire la confiance sans parler de ce qui l’a détruite ?

Lou savait ce qui se passait (personne ne peut me faire croire le contraire). Camélia en porte encore les cicatrices. Pourtant, ils ne prennent jamais réellement le temps de confronter leurs responsabilités, leurs regrets ou leurs blessures. Pour une romance construite autour du pardon et de la rédemption, ce manque m’a semblé majeur.

J’ai également eu du mal à comprendre ce qui les attirait réellement l’un vers l’autre. En dehors de l’attirance physique, je n’ai jamais perçu de véritable connexion émotionnelle. Ils ne semblent pas partager grand-chose et n’ont pas de conversations particulièrement profondes, mais le roman insiste constamment sur l’intensité de leurs sentiments.

Je ne l’ai tout simplement pas ressentie.

Des incohérences qui m’ont sortie du récit

Dès le résumé, on nous explique que Lou a humilié Camélia dix ans auparavant. Pourtant, dans le roman, les événements semblent plutôt remonter à cinq ans. C’est un détail, mais c’est tout de même irritant.

Le manque de crédibilité de certaines situations m’a également frustrée. Le cas le plus évident est celui de Camélia : elle est encore étudiante et stagiaire dans un cabinet d’avocat, mais se retrouve à défendre une personne accusée de meurtre en jouant pratiquement le premier rôle dans l’affaire.

Comment ?

J’ai fait quelques recherches sur le sujet, et la situation m’a semblé d’autant moins crédible. Une étudiante en droit ou une stagiaire peut participer à la préparation d’un dossier et assister un avocat, mais cela ne signifie pas qu’elle puisse prendre seule en charge une affaire criminelle aussi grave. J’ai donc eu du mal à croire au rôle que le roman lui attribue.

Plus largement, le volet juridique m’a donné l’impression que les règles existaient ou disparaissaient selon les besoins de l’intrigue.

Même chose pour certains rebondissements. Lorsque Lou s’échappe de l’hôpital, je suis restée perplexe. Un homme accusé de meurtre prend la fuite et semble ensuite pouvoir mener sa petite enquête tranquillement, sans que les autorités paraissent réellement le rechercher. Il se déplace presque librement et échappe à la police avec une facilité déconcertante.

À ce stade, j’avais complètement décroché.

Un dénouement peu marquant

Concernant l’enquête, j’avais rapidement échafaudé plusieurs théories, dont certaines se sont révélées fausses et d’autres justes. J’avais notamment vu venir une bonne partie du retournement final, à un détail près, avant de finalement écarter cette hypothèse au fil de ma lecture. Entre les nombreuses fausses pistes et les longueurs qui m’ont parfois semblé interminables, j’avais fini par me détacher de l’histoire. Lorsque la révélation est arrivée, elle m’a donc fait assez peu d’effet.

Mais au-delà de ce manque d’impact, c’est surtout la crédibilité de ce retournement qui m’a laissée perplexe. À mes yeux, une personne en particulier aurait dû comprendre bien plus tôt ce qui se tramait réellement. Ceux qui ont lu le roman devineront probablement à qui je fais référence. Que cette personne, ainsi que d’autres personnages, n’ait pas fait le rapprochement plus tôt m’a semblé difficilement crédible, au point de rendre la révélation peu convaincante.

Un cadre écossais sous-exploité

Je me suis également demandé pourquoi l’histoire se déroulait à Édimbourg.

L’autrice étant française, je pensais que ce choix géographique aurait une réelle importance dans le récit. Pourtant, le cadre écossais reste très peu exploité et ne joue pratiquement aucun rôle dans l’intrigue. L’histoire aurait pu se dérouler ailleurs sans que cela change grand-chose.

À plusieurs reprises, j’avais davantage l’impression de lire une histoire très française, avec des personnages portant simplement des noms anglophones. Je n’ai jamais vraiment ressenti l’Écosse, sa culture ou son ambiance.

Ce que j’ai tout de même apprécié

Malgré toutes ces critiques, je ne dirais pas que cette lecture a été une catastrophe totale.

J’ai trouvé la couverture très jolie et le format audio m’a permis d’aller jusqu’au bout. L’intrigue reste suffisamment simple pour être suivie en parallèle d’autres activités.

Et puis, même si ce n’était certainement pas l’effet recherché, le roman m’a parfois divertie. Je me suis surprise à rire devant certaines situations tellement elles me semblaient invraisemblables. Certaines scènes étaient si excessives qu’elles en devenaient presque comiques.

Disons que je ne me suis pas ennuyée de la même manière qu’avec un livre totalement oubliable !

Bilan

Au final, je pense tout simplement que je ne suis pas le public cible de ce roman. Entre les personnages toxiques, une histoire d’amour à laquelle je n’ai jamais cru, les nombreuses incohérences et un style qui ne m’a pas convaincue, trop d’éléments n’ont pas fonctionné pour moi.

Cela dit, le livre possède une communauté de fans importante et les avis positifs sont nombreux. Mon ressenti est donc loin d’être universel, et je ne prétends pas que cette lecture ne puisse pas plaire à d’autres.

Si le roman vous intrigue, je vous encourage malgré tout à vous faire votre propre opinion. Pour ma part, cette lecture m’a surtout laissée perplexe… mais suffisamment perplexe pour que j’aie beaucoup de choses à en dire une fois le livre terminé. 😅

Une chose est sûre : si ce premier tome m’a donné autant de matière à critiquer, je ne vais certainement pas me torturer à lire les suivants !


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