La terrible vengeance – Nicolas Gogol

*Lu en français

Une terrible vengeance - Nicolas Gogol

Qui est cet homme dont la simple vue glace d’effroi tous les invités d’un mariage ? Pourquoi poursuit-il dame Catherine dans ses rêves jusqu’à ce qu’elle se réveille en hurlant ? Quelles terrifiantes extrémités peut atteindre une vengeance ? Dans la Russie des fiers Cosaques, Gogol nous entraîne au plus profond du coeur des hommes, là où se dissimule le Mal.


Une dernière plongée dans l’univers de Nikolai Gogol

Pour ouvrir ce mois de mai, j’ai décidé de terminer Contes et nouvelles de Nikolai Gogol en lisant le dernier récit qu’il me restait : La Terrible vengeance.

Après plusieurs nouvelles très différentes les unes des autres, j’étais curieuse de découvrir où Gogol allait m’emmener cette fois. Avec ce récit, on bascule dans quelque chose de beaucoup plus sombre.


Un mariage… puis le malaise

Le conte s’ouvre sur un mariage cosaque à Kiev : de la musique, du bruit, du vin, une ambiance vivante et festive.

Mais cette joie ne dure pas longtemps. Très vite, une présence inquiétante vient troubler la fête : un vieillard monstrueux, dont le visage se transforme lorsque les icônes sacrées sont levées devant lui.

Ce vieillard, c’est le sorcier.

Et il ne s’agit pas simplement d’un homme mauvais. Gogol en fait une véritable incarnation du mal : un être lié aux forces impures, capable de trahir les siens, de manipuler les illusions et de déformer la réalité elle-même.


Une histoire de famille profondément tragique

Le récit suit Danilo, un fier cosaque, sa femme Katerina et leur enfant. Leur vie bascule à cause de ce sorcier capable de manipuler les apparences, de provoquer des visions et même de jouer avec les morts.

Et ce qui rend l’histoire encore plus dérangeante, c’est que ce sorcier n’est autre que… le père de Katerina.

À partir de là, le conte devient une spirale de trahison, de violence, de folie et de vengeance.


Un fantastique sombre et presque oppressant

Ce qui m’a marquée ici, c’est l’atmosphère très lourde du récit. Gogol utilise un fantastique beaucoup plus brutal que dans les autres nouvelles que j’ai lues jusque-là.

On y trouve :

  • des morts qui se relèvent en gémissant,
  • des paysages qui semblent se déformer,
  • des apparitions dans les nuages,
  • des visions inquiétantes,
  • et cette impression constante que le mal déforme tout autour de lui.

Le monde paraît presque se fissurer sous la présence du sorcier.


Le sorcier : plus qu’un simple méchant

Le sorcier n’est pas seulement un personnage cruel. Il représente quelque chose de plus vaste : une incarnation du mal, presque une figure d’antéchrist.

Il trahit son peuple, pactise avec les forces obscures et détruit sa propre famille. Toute son existence semble opposée à la foi, à l’humanité et au monde des vivants.

C’est un personnage profondément dérangeant.


Une vengeance qui dépasse les hommes

Le titre prend tout son sens dans la dernière partie du conte.

Ici, la vengeance n’est pas humaine : elle est cosmique, divine. La punition du sorcier arrive à travers une scène très étrange, presque mythologique, dans les montagnes des Carpates.

Et même si le mal finit par être puni, rien n’est réellement réparé. Le deuil, la folie et la destruction restent présents jusqu’à la fin.

C’est un récit très noir.


Les grands thèmes du conte

Comme souvent chez Gogol, il y a énormément de thèmes derrière le récit :

  • le mal absolu,
  • la trahison familiale,
  • la justice divine,
  • la folie,
  • le folklore ukrainien,
  • les croyances populaires,
  • et la fragilité humaine face à l’invisible.

Même quand je n’accroche pas totalement à une œuvre de Gogol, je trouve toujours ses idées fascinantes à analyser.


Mon ressenti

Je vais être honnête : c’est probablement la nouvelle avec laquelle j’ai eu le plus de mal dans tout le recueil.

Et pourtant, ce sont des thèmes que je trouve à l’accoutumée intéressant. J’aime bien de temps en temps lire les récits autour du mal, du surnaturel, de la justice céleste ou des figures démoniaques. Mais malgré ça, je n’ai pas réussi à vraiment entrer dans l’histoire.

J’ai même relu certains passages plusieurs fois, parce que je sentais que quelque chose m’échappait.

Cela dit, je reconnais que le texte est riche et intéressant à étudier. On sent toute la dimension symbolique derrière le récit, notamment autour de l’incarnation du mal et de la punition divine.

Gogol semble montrer que même lorsque les hommes échouent à rendre justice, une forme de justice supérieure finit toujours par apparaître.


Une lecture pour les amateurs de récits sombres

Je pense que cette nouvelle pourrait beaucoup plaire aux lecteurs qui aiment :

  • les contes folkloriques sombres,
  • le fantastique religieux,
  • les récits mystiques,
  • les histoires de vengeance,
  • ou les œuvres où le mal prend une forme presque surnaturelle.

Même si ce n’est pas celle que j’ai préférée, je suis contente d’avoir découvert cette facette plus obscure de Gogol 😊.

À très bientôt pour une nouvelle chronique.


Vous pouvez également retrouver mes autres chroniques des Contes et nouvelles de Gogol sur le blog.


En savoir plus sur Mademoiselle Tasha

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *