
📚 En bref
- Auteur : Paula Hawkins
- Titre : The Girl on the Train (La Fille du train)
- Genre : Thriller psychologique · Mystère · Suspense
- Éditeur : Doubleday
- Édition : Première édition britannique · 2015
- Pages : 316
- Langue de lecture : Anglais 🇬🇧
- Univers : Londres · Train de banlieue · Quartier résidentiel
- Axes principaux : Apparences · Perception · Mémoire · Vérité · Narrateur peu fiable
- Thèmes : Alcoolisme · Mensonge · Manipulation · Dépendance · Relations de couple · Illusions · Disparition
Pour inaugurer mes lectures de septembre, j’ai choisi de découvrir The Girl on the Train de Paula Hawkins.
Je sais que cette chronique arrive un peu tard. Ces dernières semaines ont été particulièrement chargées et je n’ai pas eu autant de temps que je l’aurais souhaité pour lire ou publier de nouvelles chroniques. Je me rattrape donc aujourd’hui avec ce célèbre thriller psychologique.
J’avais entendu parler de cette histoire il y a plusieurs années, lors de la sortie de son adaptation cinématographique avec Emily Blunt. Je n’ai jamais pris le temps de regarder le film ni de lire le roman, mais c’est désormais chose faite, du moins pour le livre, car j’ai finalement décidé de lui donner sa chance en cherchant une lecture différente de mes habitudes.
Résumé
Le roman suit Rachel Watson, une femme divorcée et alcoolique qui emprunte chaque jour le même train de banlieue. Au fil de ses trajets, elle observe un couple qu’elle imagine heureux et parfait, allant même jusqu’à leur inventer une vie.
Un jour, elle remarque un événement qui bouleverse l’image idyllique qu’elle s’était construite. Peu après, la femme qu’elle observait, Megan Hipwell, disparaît mystérieusement. Rachel se retrouve alors mêlée à l’enquête.
Mais Rachel est loin d’être un témoin fiable. Son alcoolisme provoque de fréquents trous de mémoire, ce qui rend ses souvenirs incertains. Comme elle, le lecteur ne sait jamais exactement ce qui est réel, imaginé ou déformé.
Les personnages
Le roman s’articule principalement autour de trois femmes : Rachel Watson, Megan Hipwell et Anna Watson.
Rachel Watson, la fameuse « fille du train », est une femme divorcée qui lutte contre l’alcoolisme. Ses fréquentes pertes de mémoire font d’elle une narratrice peu fiable, ce qui crée une grande part du suspense. Je dois toutefois avouer que j’ai eu du mal à m’attacher à elle, car je l’ai souvent trouvée frustrante, faible, parfois insensée et enfermée dans ses propres démons.
Megan Hipwell, que Rachel surnomme d’abord « Jess », est la femme que Rachel observe depuis le train. Derrière l’image du couple parfait, qu’elle forme avec Scott, se cache en réalité une femme complexe et tourmentée, dont la disparition constitue le point de départ du mystère.
Anna Watson, la nouvelle épouse de Tom, l’ex-mari de Rachel, apporte un point de vue différent sur les événements. Ses chapitres montrent à quel point la perception d’une personne peut varier selon celui qui raconte l’histoire.
Parmi les autres personnages importants figurent Tom Watson, l’ex-mari de Rachel, Scott Hipwell, le mari de Megan, le Dr Kamal Abdic, le thérapeute de Megan, ainsi que Cathy, la colocataire de Rachel. Sans entrer dans les détails pour éviter les spoilers, chacun d’eux joue un rôle essentiel dans l’intrigue.
Dans l’ensemble, je n’ai apprécié aucun des personnages. Ils sont tous profondément imparfaits : certains sont égoïstes, d’autres manipulateurs, violents ou infidèles, et certains sont même franchement antipathiques. Mais cela contribue aussi au caractère réaliste et dérangeant du roman.
Thèmes
À travers ses différents points de vue, The Girl on the Train explore plusieurs thèmes : les apparences, la mémoire, le mensonge, la dépendance et la perception de la réalité.
Le thème qui m’a le plus marquée est celui des apparences. Rachel observe un couple depuis son train et lui invente une vie parfaite, alors qu’elle ne connaît en réalité presque rien de leur quotidien. Le roman montre ainsi à quel point nous pouvons construire toute une histoire à partir de quelques détails et de ce que nous croyons voir ou connaître.
Le livre aborde également la fragilité de la mémoire. À cause de son alcoolisme, Rachel souffre de nombreux trous de mémoire et peine à reconstituer les événements autour d’elle. Le lecteur se retrouve alors à douter constamment de ce qui est vrai ou non.
Enfin, les personnages, surtout les femmes ici, se comparent sans cesse les un(e)s aux autres et envient des vies qu’ils/elles imaginent meilleures que la leur, avant de découvrir que la réalité est souvent bien différente.
Mon avis
Mon expérience de lecture a été assez mitigée.
J’ai trouvé le premier tiers du roman lent, confus et parfois répétitif. Entre les différents points de vue, les changements de noms et les souvenirs fragmentés de Rachel, j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire et j’ai même envisagé d’abandonner ma lecture.
Cependant, une fois l’intrigue réellement lancée, j’ai commencé à tourner les pages avec davantage d’intérêt. Je voulais comprendre ce qui était arrivé à Megan et découvrir la vérité derrière les nombreuses zones d’ombre du récit.
Rachel, en particulier, m’a très souvent frustrée. Elle passe une grande partie du début du roman à ressasser son passé, à s’accrocher à son ex-mari et à répéter les mêmes comportements destructeurs. Je comprends la détresse du personnage, mais cela ne m’a pas empêchée d’être régulièrement agacée par ses choix.
Pourtant, malgré cette frustration, je continuais à tourner les pages. Je voulais vérifier les théories que je commençais à élaborer au fil de ma lecture et, d’ailleurs, j’avais fini par soupçonner une partie de la vérité avant la révélation finale.
Ce qui m’a finalement le plus intéressée dans ce livre, ce n’est pas tant l’enquête elle-même que la réflexion sur les apparences, les illusions et les histoires que nous construisons à propos des autres.
The Girl on the Train et Gone Girl
Cette histoire est souvent comparée à Gone Girl de Gillian Flynn, et je comprends tout à fait pourquoi. Les deux romans explorent des thèmes similaires : les apparences, la perception que l’on a des autres, les illusions que l’on construit et le mythe du couple parfait.
Dans Gone Girl, par exemple, le couple principal paraît absolument idéal vu de l’extérieur. Les gens voient une belle femme, un homme séduisant, une vie confortable et l’impression qu’ils possèdent tout ce dont on pourrait rêver. Pourtant, dès que l’on regarde derrière cette façade, on découvre une réalité bien plus complexe. Leur relation est loin d’être parfaite et leurs problèmes sont parfois même plus graves que ceux des autres.
C’est exactement ce qui m’est revenu à l’esprit en lisant The Girl on the Train.
Rachel passe beaucoup de temps à observer un couple depuis la fenêtre du train. Comme sa propre vie est en plein chaos, elle projette sur eux tous ses rêves et ses fantasmes. Elle les imagine heureux, amoureux et épanouis. Selon elle, ils ont tout ce qu’elle a perdu ou n’a jamais eu.
Ce rapprochement m’a particulièrement intéressée, car dans les deux romans, l’image que l’on se fait d’une relation à partir de ce que l’on voit de l’extérieur est très différente de la réalité. On idéalise des personnes dont on ne connaît finalement presque rien, en leur attribuant une vie et un bonheur que l’on imagine à partir de quelques apparences.
Cette réflexion m’a également beaucoup fait penser aux réseaux sociaux. Aujourd’hui, nous regardons les photos des autres, leurs voyages, leurs réussites et leurs moments de bonheur. Nous voyons uniquement ce qu’ils choisissent de montrer et nous nous persuadons parfois qu’ils ont une vie meilleure que la nôtre. Pourtant, derrière les apparences, chacun a ses problèmes, ses souffrances et ses propres combats.
On le voit aussi avec les célébrités. Beaucoup de gens les idéalisent jusqu’au jour où une tragédie révèle une réalité bien différente : dépression, addiction, solitude ou difficultés personnelles. Malgré cela, nous continuons sans cesse à projeter nos fantasmes sur les autres.
Est-ce que je recommande ce livre ?
Oui, malgré mes réserves.
Je recommande The Girl on the Train aux amateurs de thrillers psychologiques et de narrateurs peu fiables. Si vous aimez les histoires qui jouent avec la perception, la mémoire et la vérité, ce roman pourrait vous plaire. En revanche, si vous avez besoin de personnages attachants pour apprécier une lecture, vous risquez d’être frustré.
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