My Sister’s Keeper – Jodi Picoult

Couverture de My Sister's Keeper de Jodi Picoult

📚 En bref

  • Auteur : Jodi Picoult
  • Titre : My Sister’s Keeper (Ma vie pour la tienne)
  • Genre : Drame · Fiction contemporaine · Roman familial
  • Publication : 2004
  • Éditeur : Simon & Schuster / Atria Books
  • Pages : 512
  • Langue de lecture : Anglais 🇬🇧
  • Univers : Famille américaine · Maladie · Hôpital · Tribunal
  • Axes principaux : Famille · Maladie · Autonomie · Choix · Dilemme moral
  • Thèmes : Leucémie · Amour familial · Sacrifice · Culpabilité · Identité · Éthique médicale · Deuil

Pour ma deuxième lecture de septembre, j’ai décidé de lire un roman que j’avais dans ma pile à lire depuis plusieurs mois, mais que je redoutais un peu de découvrir à cause des thèmes qu’il aborde.

Je connaissais déjà un peu l’histoire grâce à son adaptation cinématographique avec Cameron Diaz, sortie il y a quelques années. Je savais donc que ce serait une lecture qui allait probablement faire passer mes émotions par tous les états.

Il s’agit du drame émouvant et éthique My Sister’s Keeper de Jodi Picoult, qui pose une question particulièrement déchirante : jusqu’où une famille peut-elle demander à un enfant de se sacrifier pour le bien d’un autre ?

Synopsis

Le roman met en scène Anna Fitzgerald, une jeune fille de 13 ans qui a été conçue par fécondation assistée dans le but précis d’être génétiquement compatible avec sa sœur aînée, Kate, atteinte de leucémie. Au fil des années, Anna a donné son sang, sa moelle osseuse et d’autres tissus pour aider à maintenir Kate en vie.

Lorsque Kate développe une insuffisance rénale et qu’on attend d’Anna qu’elle lui donne un rein, celle-ci intente un procès afin d’obtenir son émancipation médicale et le contrôle de son propre corps.

Ce qui s’ensuit n’est pas simplement une affaire judiciaire, mais surtout une réflexion douloureuse sur l’amour, le devoir, la culpabilité, l’identité et la loyauté familiale.

Les personnages principaux

Anna Fitzgerald

Anna est au cœur de l’histoire. Elle aime profondément sa sœur, mais souhaite également être considérée comme une personne à part entière, et non comme une simple donneuse. Son procès soulève des questions délicates concernant l’autonomie corporelle et les obligations familiales.

Kate Fitzgerald

La sœur aînée d’Anna lutte contre la leucémie depuis son enfance. Sa maladie a façonné presque tous les aspects de la vie de la famille et influence profondément chacun de ses membres.

Sara Fitzgerald

La mère de famille est farouchement déterminée à maintenir Kate en vie et prête à faire presque n’importe quoi pour sauver sa fille. J’ai souvent eu du mal avec ce personnage, même si je pouvais aussi comprendre d’où venaient ses réactions. C’est d’ailleurs un personnage qui divise beaucoup les lecteurs : on peut ressentir de la sympathie pour elle tout en étant profondément critique envers certains de ses choix.

Brian Fitzgerald

Le père, pompier, semble davantage comprendre la position d’Anna que Sara et se retrouve souvent tiraillé entre les besoins de ses deux filles et la peur de prendre la mauvaise décision.

Jesse Fitzgerald

Le frère oublié. Comme toute l’attention est concentrée sur Kate et Anna, Jesse souffre d’un profond sentiment d’invisibilité et adopte des comportements destructeurs. Mon cœur s’est brisé pour lui.

Campbell Alexander

L’avocat qui défend Anna dans sa démarche visant à obtenir son émancipation médicale. Sarcastique et difficile à cerner, il apporte une dimension supplémentaire au récit, notamment à travers sa relation avec Julia et les mystères qui entourent sa vie personnelle.

Julia Romano

La tutrice ad litem désignée par le tribunal, dont le rôle est de déterminer ce qui serait le mieux pour Anna. Elle est également liée à Campbell par une histoire personnelle qui ajoute une autre dimension à leurs interactions.

Mon avis

Écrire la chronique de ce roman n’a pas été facile. C’est un livre qui aborde des thèmes sensibles, délicats et profondément douloureux.

D’un côté, mon cœur saigne pour cette mère qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver la vie de sa fille. De l’autre, il saigne tout autant pour Anna, cette enfant conçue pour devenir la donneuse compatible de sa sœur.

Aucune enfant ne devrait grandir avec l’idée que sa valeur dépend de ce qu’elle peut sacrifier pour quelqu’un d’autre, ni porter le poids de la culpabilité si elle choisit un jour de ne plus le faire.

Des dilemmes moraux bouleversants

Pourtant, le principal intérêt du roman ne réside pas, selon moi, dans l’affaire judiciaire elle-même, mais dans les dilemmes moraux et émotionnels qu’elle soulève.

L’une des choses que j’ai le plus appréciées est la manière dont le roman montre que le cancer ne touche jamais uniquement le malade. Il devient le centre de gravité de toute une famille, transformant les relations et bouleversant la vie de chacun.

À première vue, le roman pose une question éthique : était-il juste de concevoir Anna pour sauver Kate ? Mais derrière cette question se cache quelque chose de plus universel : quelle part de notre vie nous appartient réellement, et quelle part appartient aux attentes et aux besoins des personnes que nous aimons ?

Des personnages profondément humains

Au début du livre, c’est Kate qui est malade. Pourtant, les personnages qui m’ont le plus brisé le cœur sont Anna et Jesse.

Anna aime profondément sa sœur, mais son action en justice est avant tout une manière d’exister comme une personne à part entière. Conçue pour sauver Kate, elle grandit avec l’impression que ses propres besoins, ses peurs et même son identité passent après ceux de sa sœur. Son combat dépasse donc largement sa situation personnelle.

Jesse, lui, est peut-être le personnage le plus oublié de la famille. Il passe des années à aimer les siens tout en restant dans l’ombre. Ses comportements destructeurs deviennent les seuls moyens qu’il trouve pour attirer l’attention dans une famille où tout tourne autour de la maladie.

Sara a été le personnage le plus difficile à appréhender. Je l’ai souvent détestée, tout en me demandant si, à sa place, je n’aurais pas agi de la même manière. Quel parent ne ferait pas tout pour sauver son enfant ?

C’est justement ce qui rend ses choix si difficiles à juger. Son amour pour Kate est sincère, mais il devient parfois si envahissant qu’elle ne voit plus ses autres enfants comme des personnes à part entière. C’est frustrant, mais aussi douloureusement crédible.

J’ai également beaucoup apprécié Campbell. Derrière son sarcasme et sa distance émotionnelle se cache un personnage profondément vulnérable. Sa relation avec Julia révèle une facette beaucoup plus touchante de sa personnalité et donne encore davantage de profondeur à son histoire.

À force de vouloir sauver l’avenir…

Une autre chose qui m’a frappée, c’est que cette famille passe des années à redouter la mort de Kate sans presque jamais imaginer un avenir différent. Toute leur énergie est consacrée à préserver demain : le prochain traitement, la prochaine victoire, la prochaine lueur d’espoir.

À force de vouloir sauver l’avenir, ils oublient parfois de vivre pleinement le présent.

C’est l’une des idées qui m’a le plus marquée dans le roman. Nous passons tellement de temps à nous dire que nous aurons le temps plus tard que nous oublions parfois que rien ne nous garantit ce « plus tard ».

Cette réflexion m’a particulièrement touchée, car elle dépasse largement l’histoire de cette famille.

Une narration qui m’a moins convaincue

Concernant la narration, j’ai davantage de réserves. Je n’ai pas aimé l’alternance entre le passé et le présent, ni la multiplication des points de vue, parfois autour des mêmes scènes.

Je comprends l’intention de l’autrice : nous permettre d’entrer dans la tête de chaque personnage et de mieux comprendre leurs motivations. Mais à mes yeux, cela ralentit parfois le récit et crée une impression de fragmentation.

Les nombreux flashbacks enrichissent l’histoire et montrent l’ampleur du travail de recherche effectué par Jodi Picoult, mais ils cassent parfois le rythme. À certains moments, j’avais davantage l’impression de reconstituer un puzzle que de suivre une histoire qui avançait naturellement.

J’étais notamment frustrée lorsque certaines conversations étaient interrompues par un retour dans le passé, alors que j’avais envie de connaître la suite de la scène.

Et cette fin…

Sans rien révéler à ceux qui n’ont pas encore lu le livre, le dénouement m’a fait fondre en larmes.

Et le pire, c’est que je ne savais même pas qui blâmer, parce qu’il n’y a pas réellement de méchant dans cette histoire. Anna n’a pas tort. Kate n’a pas tort. Sara n’a pas tort, même lorsque ses choix sont exaspérants. Brian n’a pas tort non plus.

Tout le monde agit par amour, et c’est précisément ce qui rend ce roman si bouleversant.

Même si je n’ai pas aimé certains choix narratifs, je recommande ce livre sans hésitation. Il vous brisera probablement le cœur, mais vous serez heureux de l’avoir lu.


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