*Lu en français

Tout s’effrondre (Things Fall Apart), premier volet de la Trilogie africaine de Chinua Achebe, est une œuvre majeure de la littérature africaine moderne. Le roman met en scène le choc brutal entre les sociétés africaines traditionnelles et l’expansion coloniale européenne à la fin du XIXᵉ siècle.
À travers le destin d’Okonkwo, guerrier igbo respecté et figure de force à Umuofia, Achebe dépeint l’effritement d’un monde fondé sur des valeurs ancestrales face à l’imposition des structures politiques et religieuses britanniques. Le récit explore la lutte désespérée d’un homme — et d’une culture — confrontés à une transformation irréversible.
En début d’année, je me suis lancé un défi : lire davantage de livres écrits par des auteur×e×s africains ou afrodescendants, au moins un par mois. Malheureusement, depuis début janvier, je traverse une vraie panne de lecture. J’ai eu donc beaucoup de mal à me replonger dans les livres, à me concentrer et même à prendre du plaisir à lire.
Il y a quelques jours, je me suis une nouvelle fois forcée à reprendre la lecture. Et mon choix s’est porté sur Things Fall Apart (Tout s’effondre en français), premier tome de la trilogie africaine de Chinua Achebe et classique de la littérature africaine.
Résumé du roman
Tout s’effrondre (Things Fall Apart) suit le parcours d’Okonkwo, un guerrier igbo respecté et ambitieux du village d’Umuofia, dans le Nigeria précolonial. Obsédé par l’idée de ne pas ressembler à son père, qu’il considère comme faible et irresponsable, Okonkwo construit toute son identité autour de la force, de la discipline et d’une masculinité rigide.
Le roman est divisé en trois parties. (Cette partie contient des spoilers, donc si vous ne voulez pas être spoiler, allez directement à « mon avis » plus bas)
La première partie nous plonge dans la vie quotidienne du village d’Umuofia. On y découvre la richesse de la société igbo : ses traditions, ses cérémonies, son organisation sociale et judiciaire. Okonkwo y apparaît comme un homme travailleur et respecté, mais aussi extrêmement dur, notamment envers sa famille.
À la suite d’un événement tragique, il est contraint à l’exil pendant sept ans et s’installe dans le village de sa mère, Mbanta.
La deuxième partie s’intéresse à cet exil et surtout aux bouleversements provoqués par l’arrivée des missionnaires chrétiens et de l’administration coloniale britannique. Peu à peu, les traditions igbo s’affaiblissent, certains habitants se convertissent, notamment les membres marginalisés de la société. Face à ces changements, Okonkwo devient de plus en plus frustré et en colère, voyant les fondements de sa culture s’effriter.
La troisième et dernière partie se concentre sur son retour à Umuofia. Le village a profondément changé : un gouvernement colonial, des tribunaux et une église se sont installés. Okonkwo appelle à la résistance, mais la majorité des villageois préfère le compromis ou a déjà adopté le nouveau système. Après avoir tué un messager colonial dans un ultime acte de défi, il comprend qu’il est seul. Désespéré et incapable de vivre dans un monde où ses valeurs n’ont plus leur place, Okonkwo se suicide, un acte considéré comme abominable dans la culture igbo.
Mon avis
Ma lecture a été compliquée, et ce pour deux raisons. D’abord, à cause de ma panne de lecture : depuis janvier, j’ai énormément de mal à lire et à me détendre avec un livre. Ensuite, parce que le roman, tout simplement, ne m’a pas captivée.
Je ne peux pas dire que j’ai détesté ce livre, mais je peux clairement dire que je ne l’ai pas aimé. Ma première tentative remonte à quelques semaines, en version originale. J’ai essayé de le lire en anglais, mais je n’ai pas dépassé les quatre premiers chapitres. Pensant que la langue était le problème, je me suis procurée la version française… sans plus de succès.
Je précise que, dans la période actuelle, il faut vraiment que l’histoire me prenne aux tripes pour que j’accroche. Et malheureusement, ça n’a pas été le cas ici.
Pourtant, les thèmes abordés sont intéressants : le choc culturel entre les traditions igbo et le colonialisme occidental, les questions d’identité et de masculinité (très toxique, selon moi, surtout dans le cas d’Okonkwo), la tension entre tradition et changement, ainsi que l’impact profond du colonialisme sur les sociétés indigènes. Malgré tout cela, je n’ai pas réussi à adhérer.
Le style d’écriture m’a semblé trop monotone, presque froid, et je n’ai ressenti aucune émotion en lisant. Les personnages ne sont pas attachants, bien au contraire. Okonkwo est un personnage que j’ai trouvé profondément répugnant (mais bon, il faut aussi avouer que c’est un homme de son temps), et la majorité des personnages masculins ne m’ont inspiré aucune sympathie.
Je comprends bien que l’histoire se déroule dans un autre contexte historique et culturel, où la violence et certaines normes sociales étaient perçues différemment. Mais la façon dont les femmes et les enfants sont traités m’a énormément énervée – et malheureusement, c’est une réalité qui persiste encore dans de nombreuses sociétés, notamment africaines. Au moins aujourd’hui, on peut critiquer ces dérives ouvertement.
Conclusion
Peut-être que ce roman m’aurait davantage marquée si je ne sortais pas d’une longue panne de lecture. Peut-être aussi que je n’étais tout simplement pas dans le bon état d’esprit pour l’apprécier. Mais malgré des thèmes forts et importants, je me suis ennuyée du début à la fin.
Cela dit, je pense que Things Fall Apart peut plaire à celles et ceux qui s’intéressent à la culture igbo et aux conséquences du colonialisme sur les sociétés africaines, en particulier au Nigeria.
Et vous, connaissez-vous ce roman ? L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
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