Paroles – Jacques Prévert

*Lu en français

Paroles - Jacques Prévert

« Alors vous arrachez tout doucement une des plumes de l’oiseau et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau. » L’oiseau : un des motifs les plus fréquents de Paroles, le recueil de Prévert qui connut un immédiat succès public au moment de sa parution en 1946. L’oiseau « qui rit aux éclats », « qui rit comme un enfant », qui parle aussi avec une politesse exquise : « Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper. » L’oiseau « marrant », « rieur », « libre », « fraternel » se glisse au fil des pages, s’envole quand on ouvre sa cage puisqu’il symbolise la liberté, cette valeur suprême à laquelle le poète a su donner une voix unique. Liberté de ton, de rêver, d’espérer : ces poèmes sont faits pour vous. + un dossier en quatre parties : Je découvre J’analyse Nous avons la parole Prolongements Classe de troisième. (Quatrième de couverture)


Il y a de nombreuses années, quand j’étais encore au lycée, nous avons étudié Paroles de Jacques Prévert. Il y a quelques jours, j’ai eu envie de lire un peu de poésie et j’ai donc décidé de rouvrir ce livre dont certains poèmes me revenaient régulièrement en tête.

L’un des textes que nous avions étudiés à l’époque et que j’aime toujours beaucoup est Barbara. Ce poème me ramène immédiatement à mes années de lycée. Il parle à la fois de l’amour et de la guerre, de la mémoire blessée, de la destruction – celle de Brest bombardée – et, plus largement, de la fragilité de la vie.

Un autre texte occupe aussi une place particulière dans mes souvenirs scolaires : Je suis comme je suis. Dans ce poème, une femme affirme sa liberté d’être elle-même, sans justification, sans excuses et sans masque. Je me souviens encore que nous devions l’apprendre par cœur pour le réciter en classe. Bien sûr, tout le monde le connaissait parfaitement : personne ne voulait prendre le risque d’être interrogé sans être prêt.

Ce poème renferme tant de souvenirs d’enfance…Avec son langage simple, sa douceur mêlée d’insolence, Je suis comme je suis était presque devenu une chanson pour nous. Nous étions jeunes à l’époque, mais nous en percevions déjà la force. Derrière cette petite phrase se cachait une affirmation puissante : le droit d’être soi-même, sans se plier aux attentes sociales, morales ou patriarcales. C’est sans doute pour cela que ce texte est resté particulièrement marquant pour moi. Au-delà de ses thèmes, il est lié à de très beaux souvenirs de jeunesse.

Deux autres poèmes m’ont également marquée : Les Feuilles mortes et Déjeuner du matin.

Dans Les Feuilles mortes, Prévert évoque le temps qui passe, la mémoire et cette impossibilité de revenir en arrière – même si l’on aimerait parfois tant pouvoir remonter le temps. Le poème parle aussi d’amour perdu et de nostalgie. C’est, au fond, un texte sur la beauté fragile de ce qui n’est plus.

Déjeuner du matin, quant à lui, devient encore plus poignant lorsqu’on l’écoute. Le texte est très simple, mais beau et profondément triste. Il raconte l’indifférence qui s’installe dans un couple, une rupture silencieuse, l’absence totale de dialogue et cette douleur contenue qui s’exprime sans éclat.

Extrait les feuilles mortes
Déjeuner du matin

Ces quatre poèmes de Prévert me touchent chacun à leur manière, comme quatre façons différentes d’évoquer l’amour – exalté, perdu, brisé ou assumé. Les Feuilles mortes porte la nostalgie douce-amère de ce qui ne reviendra plus, ces souvenirs qui s’effritent comme des feuilles au vent. Déjeuner du matin montre l’autre face de l’amour : le silence et l’indifférence d’une rupture qui ne fait pas de bruit mais qui brise tout. Barbara mêle l’amour à la guerre et transforme la mémoire en refuge face à la destruction. Enfin, Je suis comme je suis donne voix à une femme libre qui revendique son droit d’aimer et d’exister selon ses propres règles.

Ensemble, ces poèmes – simples en apparence mais bouleversants en profondeur – parlent de la fragilité des liens humains, de l’identité que l’on défend face aux normes, de la beauté des instants ordinaires et de la douleur de ce qui disparaît. Prévert parvient à dire l’essentiel avec des mots très simples, mais qui touchent profondément.

Tous les poèmes de Paroles

Tentative de description d’un dîner de têtes à Paris-France

Histoire du cheval

La pêche à la baleine

La belle saison

Alicante

Souvenirs de famille ou l’ange garde-chiourme

J’en ai vu plusieurs

Pour toi mon amour

Les grandes inventions

Événements

L’accent grave

Pater noster

Rue de Seine

Le cancre

Fleurs et couronnes

Le retour au pays

Le concert n’a pas été réussi

Le temps des noyaux

Chanson des escargots qui vont à l’enterrement

Riviera

La grasse matinée

Dans ma maison

Chasse à l’enfant

Familiale

Le paysage changeur

Aux champs…

L’effort humain

Je suis comme je suis

Chanson dans le sang

La lessive

La crosse en l’air

Cet amour

L’orgue de barbarie

Page d’écriture

Déjeuner du matin

Fille d’acier

Les oiseaux du souci

Le désespoir est assis sur un banc

Chanson de l’oiseleur

Pour faire le portrait d’un oiseau

Sables mouvants

Presque

Le droit chemin

Le grand homme

La brouette ou les grandes inventions

La Cène

Les belles familles

L’école des beaux-arts

Épiphanie

Écritures saintes

La batteuse

Le miroir brisé

Quartier libre

L’ordre nouveau

Au hasard des oiseaux

Vous allez voir ce que vous allez voir

Immense et rouge

Chanson

Composition française

L’éclipse

Chanson du geôlier

Le cheval rouge

Les Paris stupides

Premier jour

Le message

Fête foraine

Chez la fleuriste

L’épopée

Le sultan

Et la fête continue

Complainte de Vincent

Dimanche

Le jardin

L’Automne

Paris at night

Le bouquet

Barbara

Inventaire

La rue de Buci maintenant

La morale de l’histoire

La gloire

Il ne faut pas…

Conversation

Osiris ou la fuite de l’Égypte

Le discours sur la paix

Le contrôleur

Salut à l’oiseau

Le temps perdu

Les Enfants qui s’aiment

Les Feuilles mortes

L’amiral

Le combat avec l’ange

Place du carrousel

Cortège

Noces et banquets

Promenade de Picasso

Lanterne magique de Picasso

Concernant l’ensemble des poèmes de ce recueil, certains m’ont moins touchée que d’autres, mais plusieurs occupent encore aujourd’hui une place particulière dans mon cœur.

Et vous, connaissez-vous ce recueil ? L’avez-vous déjà lu ?


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