North and South – Elizabeth Gaskell

*Lu en anglais

north and south - Elizabeth Gaskell

“Oh, Mr. Thornton, I am not good enough!”
“Not good enough! Don’t mock my own deep feeling of unworthiness.”

“How shall I ever tell Aunt Shaw?” she whispered, after some time of delicious silence.
“Let me speak to her.”
“Oh, no! I owe to her, – but what will she say?”
“I can guess. Her first exclamation will be, ‘That man!’”
“Hush!” said Margaret, “or I shall try and show you your mother’s indignant tones as she says, ‘That woman!’”


Nouvelle chronique !


Cela faisait des années que j’avais envie de lire ce roman. En fait, c’est depuis que j’avais découvert l’adaptation de la BBC, North & South, que j’avais trouvée absolument magnifique. J’ai donc enfin décidé, ce mois, de me plonger dans le livre, pour de bon cette fois.

Resumé :

Nord and South (Nord et Sud) raconte l’histoire de Margaret Hale, une jeune femme intelligente et intègre qui quitte avec ses parents le sud idyllique de l’Angleterre pour s’installer à Milton, une ville industrielle du nord. Ce déménagement fait suite à la décision de son père d’abandonner l’Église anglicane à la suite d’une crise de foi.

À Milton, Margaret découvre la dure réalité du monde ouvrier, marquée par les conditions de vie éprouvantes, les divisions de classe et les tensions sociales. C’est dans ce contexte qu’elle rencontre John Thornton, un industriel autodidacte dont la vision du commerce et du travail s’oppose à ses idéaux. Malgré leurs désaccords et de nombreux malentendus, une relation complexe se tisse entre eux, nourrie à la fois par l’attirance, la fierté et les pressions sociales, mais aussi par les drames qui jalonnent leur vie.

Parallèlement, Margaret se rapproche de membres de la classe ouvrière, comme Nicholas Higgins et sa fille Bessy, qui l’initient aux difficultés quotidiennes des plus démunis. Ces rencontres, tout comme ses expériences à Milton, l’amènent à mûrir profondément. Elle apprend à dépasser ses préjugés, à remettre en question les normes sociales, et à développer une compréhension plus nuancée du monde qui l’entoure.

Mon avis :

Style et narration

J’avoue avoir eu du mal à entrer dans l’histoire au départ, tant le rythme était lent. Cependant, à partir du chapitre 7, le récit prend véritablement son envol. Ayant appris que le roman avait d’abord été publié sous forme de feuilleton, je comprends mieux sa construction ainsi que certaines longueurs narratives.

Quoiqu’il en soit, le style de Gaskell, soutenu et maîtrisé, offre une narration solide malgré ces passages plus étirés, qui s’expliquent donc par le mode de publication original.

Nord et Sud met en scène l’opposition entre deux univers : le sud agricole, simple et coloré, et le nord industriel, rude et brut. J’ai trouvé qu’Elizabeth Gaskell illustre avec beaucoup de justesse ces contrastes là, non seulement à travers la description des lieux, mais aussi à travers les comportements et mentalités de ses personnages.

Des thématiques intéressantes

Au-delà de ce contraste géographique et culturel, le roman aborde des thèmes sociaux majeurs : les conflits de classe, les tensions entre ouvriers et propriétaires d’usines, mais aussi la nécessité d’une compréhension et d’un respect mutuels. Il explore également les rôles de genre et le cheminement personnel de ses protagonistes. Ce que j’ai trouvé dommage ici, c’est que ces conflits sociaux ont parfois pris beaucoup le dessus sur la romance, qui était très en arrière-plan.

En somme, Nord et Sud est un roman social riche qui allie critique des inégalités de l’époque et réflexion sur les rapports humains, le tout porté par une romance élégamment intégrée au récit – quoique parfois pas assez présente à mon goût.

Les personnages

Margaret Hale:

Autant être honnête: je n’ai pas vraiment apprécié Margaret, surtout dans les premiers chapitres. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles j’ai eu du mal à entrer dans le roman – l’autre étant la lenteur de la narration. Je l’ai trouvée arrogante, pleine de préjugés et, à seulement 19 ans, convaincue de tout savoir. Elle condamne John dès leur première rencontre, uniquement parce qu’il était un homme d’affaires, et donc, à ses yeux, pas assez « noble ».

À l’inverse, si mes souvenirs sont bons, l’adaptation de la BBC, a su rendre son personnage plus attachant, moins hautain, et a davantage mis en avant son côté introverti – un choix que j’ai trouvé très judicieux.

Cela dit, malgré son côté parfois irritant, je reconnais à Margaret du courage et une grande force de caractère. Les épreuves qu’elle traverse la poussent à évoluer, à prendre conscience de ses erreurs et, peu à peu, à devenir plus attachante.

Ce qui m’a particulièrement plu chez elle, c’est sa capacité à défier les normes victoriennes : elle assume des responsabilités habituellement réservées aux hommes et affirme son indépendance morale et intellectuelle. Avoir une héroïne forte reste un atout indéniable dans un roman.

John Thornton:

À l’inverse de Margaret, j’ai beaucoup apprécié John, un personnage agréable à suivre. Certes, il possède lui aussi un caractère affirmé et ses propres préjugés – surtout envers la classe ouvrière qu’il trouve paresseuse -, mais il sait écouter et prendre en considération l’avis des autres.

Son amour pour Margaret m’a semblé un peu soudain, surtout compte tenu de la manière dont elle le traitait – ou du moins de la façon dont il percevait son attitude à son égard. Pourtant, plus j’avançais dans ma lecture, plus j’étais touchée par l’intensité de ses sentiments, et par cette passion qu’il tente en vain de réprimer, persuadé de ne pas être digne d’elle.

Mon seul regret est qu’il soit moins présent que je ne l’aurais souhaité. Au lieu de développer davantage la relation entre John et Margaret, Gaskell privilégie les interactions de l’héroïne avec des personnages secondaires, que j’ai trouvés pour la plupart peu intéressants. Certains dialogues m’ont même paru laborieux, notamment les conversations avec Higgins et ses filles, écrites dans un dialecte rural du nord difficile à comprendre. Ces passages m’ont semblé plus lourds qu’indispensables.

Cela dit, il faut garder à l’esprit que le roman fut d’abord publié en feuilleton, ce qui explique ses longueurs et certaines répétitions. Le style de Gaskell reste néanmoins soutenu et la narration bien construite, malgré ces défauts.

Les personnages secondaires:

Parmi les personnages secondaires, j’ai apprécié Mr. Hale, plus ouvert d’esprit que sa fille, même si, pour être juste, Margaret finit par reconnaître ses erreurs de jugement. Je l’ai néanmoins trouvé parfois égoïste et un peu faible, s’appuyant trop sur elle.

Mrs. Thornton, quant à elle, mérite également d’être mentionnée : femme de caractère, elle aime profondément son fils et est si fière de l’homme qu’il est devenu qu’elle déteste Margaret dès le départ, lui reprochant son attitude condescendante.

Enfin, Nicholas Higgins est sans doute l’un des personnages secondaires les plus marquants du roman. À travers lui, Gaskell expose les revendications ouvrières de manière nuancée, sans tomber dans la caricature. Son évolution et ses échanges avec John Thornton montrent la possibilité d’un véritable dialogue entre les classes, fondé sur le respect et la compréhension mutuelle – un aspect que j’ai particulièrement apprécié.

À la fin du roman – et il me semble important de le souligner -, Margaret et John connaissent chacun une profonde transformation intérieure, apprenant l’humilité, l’empathie et la valeur du compromis. Je ne dirais pas plus, afin d’éviter les spoilers.

Mon ressenti

Dans l’ensemble, Nord et Sud a été une bonne lecture. Certains chapitres m’ont beaucoup plu, mais d’autres m’ont paru longs et difficiles à terminer. Heureusement, la deuxième moitié du roman rattrape largement ces lenteurs : John y est un peu plus présent et Margaret devient moins agaçante.

Pour être honnête, j’ai tout de même une préférence pour la mini-série de la BBC, que j’ai vue il y a une vingtaine d’années. Je l’ai trouvée magnifiquement adaptée, servie par d’excellents acteurs, et plus équilibrée dans le traitement des personnages, surtout celui de Margaret, car je crois, John de la mini-série était plus sévère et plus froid. J’aimerais d’ailleurs revoir cette adaptation et, si possible, en proposer une chronique.

Voilà pour aujourd’hui ! J’espère ne pas avoir été trop longue (lol).


Et vous, connaissez-vous ce roman ? L’avez-vous déjà lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

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