Le Père Goriot – Honoré de Balzac

le père goriot - Honoré de Balzac

« Comprenez-vous que je vais mourir sans les voir, mes filles ? Avoir soif toujours, et ne jamais boire, voilà comment j’ai vécu depuis dix ans… Mes deux gendres ont tué mes filles. Oui, je n’ai plus eu de filles après qu’elles ont été mariées ».
« Ah ! Si j’avais de l’argent, je les aurais ». 
(Extraits)


Après Madame Bovary, je continue ma plongée dans les classiques avec Le Père Goriot d’Honoré de Balzac, publié en 1835. Ce roman, souvent qualifié de chef-d’œuvre, s’inscrit dans la grande fresque de La Comédie humaine. Véritable pilier du réalisme et du roman psychologique, il offre une peinture saisissante de la société française du XIXᵉ siècle.

Résumé du Père Goriot

L’histoire se déroule à Paris, dans la pension Vauquer, une maison de famille modeste où cohabitent plusieurs personnages clés :

  • Eugène de Rastignac : jeune étudiant en droit, ambitieux, fraîchement arrivé de province pour réussir à Paris.
  • Le Père Goriot : vieil homme ruiné, ancien fabricant de vermicelle, totalement dévoué à ses filles Anastasie et Delphine qui, désormais riches, l’abandonnent.
  • Vautrin : pensionnaire énigmatique, manipulateur et cynique, qui pousse Rastignac à prendre des raccourcis immoraux pour gravir l’échelle sociale.

L’intrigue mêle l’ascension sociale de Rastignac, la lente agonie du Père Goriot abandonné par ses filles ingrates, et la révélation brutale d’une société où l’argent et l’ambition dominent tout.

Les grands thèmes du roman

L’amour paternel

À travers le Père Goriot, Balzac illustre le sacrifice absolu d’un père. Mais cet amour sans limite devient presque pathologique, poussant le personnage à s’humilier pour des filles qui ne l’aiment que lorsqu’il a de l’argent.

L’ambition et la réussite sociale

Rastignac symbolise la jeunesse avide d’ascension. Il découvre vite que le travail ne suffit pas et que les relations sociales et les compromis sont indispensables pour réussir.

La critique de la société parisienne

Balzac dresse un portrait impitoyable de la bourgeoisie et de l’aristocratie : égoïsme, hypocrisie, cruauté, obsession de l’argent.

Misère, vieillesse et solitude

À travers Goriot, on voit le sort cruel réservé aux plus faibles et l’abandon de ceux qui n’ont plus de statut ni de fortune.

Le style de Balzac

Balzac déploie une plume riche et détaillée. Si son style est fluide, la lecture peut s’avérer exigeante, surtout avec la multitude de personnages et les descriptions parfois interminables. Écouté en audio, le roman m’a semblé encore plus difficile à suivre. Certains passages m’ont paru trop longs et auraient pu être allégés.

Analyse des personnages

Le Père Goriot

Un personnage à la fois pathétique et touchant. Son amour démesuré pour ses filles frôle l’obsession maladive. Bien que ses filles soient ingrates, il nourrit une obsession presque dérangeante à leur égard. On ressent de la compassion, mais aussi de l’agacement et de la colère devant son aveuglement. À travers lui, Balzac met en lumière une vérité intemporelle : dans une société fondée sur l’intérêt, l’amour et le respect disparaissent quand l’argent n’est plus là.

Eugène de Rastignac

Il représente la désillusion des jeunes ambitieux venus en ville pleins de rêves. Plein d’espoir en arrivant à Paris, il découvre que la réussite ne repose pas uniquement sur le travail, mais surtout sur les relations et la manipulation des codes sociaux. Son évolution – de l’innocence à l’ambition calculatrice – culmine avec sa célèbre réplique finale :
« À nous deux maintenant ! »

Vautrin

Aussi connu sous le nom de « Trompe-la-mort », il est l’antihéros du roman. Manipulateur, rusé, il séduit par son pragmatisme et révèle la brutalité du monde. Figure charismatique et inquiétante, il dévoile à Rastignac les coulisses corrompues du monde parisien. Il prône une réussite rapide, quitte à contourner toutes les règles morales.

Mon avis sur l’ensemble de la lecture

Je reconnais la force du roman, mais ma lecture n’a pas été simple. Certains passages m’ont paru trop longs, et le comportement du Père Goriot m’a parfois mise mal à l’aise. En revanche, j’ai beaucoup apprécié le contraste entre Rastignac et Vautrin, qui représentent deux voies possibles face à l’ambition.

En conclusion : Le Père Goriot est une œuvre essentielle de la littérature française. Même si ce n’est pas un livre que je relirai, je le recommande vivement à celles et ceux qui veulent découvrir les classiques et comprendre la vision de Balzac sur la société du XIXᵉ siècle.

Et vous, avez-vous déjà lu Le Père Goriot ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?


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