*Lu en français

« Julien est un jeune seigneur du moyen âge, intelligent et éveillé. Mais la passion de la chasse le hante, à tel point qu’il commet en une seule journée un terrible carnage. Un grand cerf, le dernier animal à tomber sous ses coups, lui fait avant de succomber une terrible révélation : un jour, il assassinera son père et sa mère. Bouleversé, le jeune homme quitte son pays et se jette dans une vie d’errance et de guerre, qui l’amènera à épouser une princesse. Mais le destin s’est mis en marche, inéluctable… Julien devra pour trouver son salut s’engager dans un chemin bien différent de celui qu’il a emprunté jusque-là.
Nouvelle publiée en 1877 dans le recueil Trois Contes, La Légende de saint Julien l’Hospitalier est un récit d’inspiration médiévale et religieuse. Écrit dans un style très travaillé, presque biblique, il retrace la vie de Julien, un saint fictif, dont le destin est marqué par une terrible prophétie.
Après avoir lu Un cœur simple (également extrait de ce recueil), j’ai eu envie de découvrir ce deuxième récit. Voici un bref résumé de l’histoire – attention, spoilers.
Résumé
Julien, issu d’une noble famille très pieuse, manifeste dès l’enfance une cruauté inquiétante envers les animaux. Un jour, il tue un cerf qui, avant de mourir, le maudit : il tuera ses propres parents.
Pour échapper à ce sort, Julien fuit le château familial. Il devient un guerrier redoutable, se marie avec une princesse, et semble avoir échappé à son destin… jusqu’à ce que, par un concours de circonstances tragique, il tue accidentellement ses parents, venus lui rendre visite sans s’annoncer.
Dévasté par la culpabilité, Julien abandonne tout et devient passeur sur un fleuve. Il consacre le reste de sa vie aux pauvres, aux malades, jusqu’au jour où il recueille un lépreux mourant. Ce lépreux se révèle être le Christ, venu le récompenser pour sa charité et lui révéler que son salut est accompli. Julien meurt aussitôt, emporté au ciel.
Mon avis
Globalement, cette lecture m’a davantage plu que Un cœur simple. Le récit est tout aussi descriptif, mais il m’a paru plus vivant, plus fluide, et surtout plus facile à suivre. L’écriture de Flaubert, toujours aussi soignée, s’exprime ici dans un style à la fois lyrique et solennel, empruntant à la tonalité religieuse et à l’imagerie médiévale.
La narration linéaire et le nombre réduit de personnages rendent l’histoire plus claire et plus accessible que le récit précédent. J’ai suivi l’évolution de Julien avec davantage d’aisance, de son enfance « troublée » à sa rédemption finale.
Flaubert aborde des thèmes forts comme la fatalité, à travers cette prophétie à laquelle Julien ne peut échapper, la rédemption, obtenue par l’humilité, la souffrance et la charité, le paradoxe entre violence et sainteté, incarné par ce personnage brutal devenu symbole de compassion, et la foi chrétienne, omniprésente dans l’arc narratif de Julien, et renforcée par le symbolisme inspiré de l’art religieux.
Le récit se clôt magnifiquement avec une phrase qui ancre cette légende dans la tradition :
« Et voilà l’histoire de saint Julien l’Hospitalier, telle à peu près qu’on la trouve, sur un vitrail d’église, dans mon pays. »
En conclusion
Bien que ce ne soit pas un coup de cœur, La Légende de saint Julien l’Hospitalier reste une lecture intéressante, touchante par moments, et portée par une plume très belle. Certains passages m’ont un peu mise mal à l’aise, mais bon… cela s’inscrit dans l’ambiance tragique et symbolique du texte.
Je recommande ce récit à ceux qui aiment la littérature classique, les contes religieux ou moraux, et bien sûr, à ceux et celles qui souhaitent découvrir la richesse du style de Flaubert dans un format court.
Et vous, connaissez-vous Trois Contes de Flaubert ? Quel est votre préféré ?
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