*Lu en anglais

Qui es-tu ?
Que nous sommes-nous fait l’un à l’autre ?
Ce sont les questions qui hantent Nick le matin de son cinquième anniversaire de mariage… lorsque sa femme, Amy, disparaît mystérieusement.
Très vite, la police le soupçonne. Les proches d’Amy confient qu’elle avait peur de lui, qu’elle lui cachait des choses. Lui, il nie tout. Il affirme n’y être pour rien. Pourtant, l’enquête révèle des recherches troublantes sur son ordinateur, des appels suspects sur son téléphone… et une image de plus en plus floue de ce mariage en apparence parfait.
Que s’est-il réellement passé ?
Où est passée Amy Dunne ?
Et surtout : à qui peut-on encore faire confiance ?
J’ai découvert Gone Girl il y’a quelques années grâce à son adaptation cinématographique avec Ben Affleck et Rosamund Pike que j’ai beaucoup aimé. Rosamund Pike, en particulier, m’avait marquée par son jeu d’actrice saisissant. En tombant sur le roman quelques années plus tard, j’ai eu envie de voir si le livre serait à la hauteur… ou si le film avait « amélioré » l’histoire.
Résumé (sans trop en dévoiler… mais un peu quand même)
Gone Girl explore les recoins les plus sombres du mariage, de l’identité et de la manipulation médiatique. Le jour de leur cinquième anniversaire, Amy disparaît. Très vite, son mari Nick devient le principal suspect. À travers une narration alternée entre le présent (Nick) et des extraits du journal intime d’Amy, le lecteur est plongé dans un portrait inquiétant de leur couple.
Mais à mi-chemin, tout bascule : Amy est en réalité vivante. Elle a mis en scène sa disparition pour faire accuser Nick de meurtre. Son journal intime ? Un faux. Ce n’est que le début d’un jeu pervers de vengeance, de contrôle et de manipulation psychologique.
Mon avis
J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, en grande partie à cause des passages du journal d’Amy dans la première moitié du roman, que j’ai trouvés un peu lents et déroutants. Peut-être que le fait de connaître déjà le retournement de situation a joué aussi. Mais la seconde moitié du livre rattrape tout : l’intrigue s’accélère, les révélations s’enchaînent, et on découvre toute l’étendue de la perversion d’Amy et les failles profondes de Nick. Et à ce moment, impossible de lâcher le livre.
Les personnages
I am a cheating, weak-spined, woman-fearing coward, and […] my wife, Amy Elliott Dunne – is a sociopath and a murderer.
Cette phrase résume parfaitement l’essence de Nick et Amy Dunne, les deux personnages principaux de ce thriller psychologique tordu et captivant.
Les deux sont brillamment écrits, mais difficiles à aimer :
Amy est une sociopathe brillante, manipulatrice, obsédée par le contrôle et l’image qu’elle renvoie. Elle punit ceux qui osent ternir son image de « femme parfaite », quitte à détruire des vies.
Nick, quant à lui, est un lâche, infidèle, passif, incapable de gérer ses émotions et de se confronter à la réalité. Mais mieux vaut encore être un mari médiocre qu’un monstre froid et meurtrier.
Leur relation est construite sur le mensonge, la façade, et le besoin d’être aimé à tout prix. Gillian Flynn pousse une réflexion acide sur le couple moderne : ce que l’on montre aux autres, ce que l’on cache, et jusqu’où on est prêt à aller pour préserver une illusion.
La fameuse “cool girl” — ce fantasme qu’Amy prétend incarner pour plaire — est ici déconstruit avec brio, tout comme le besoin de validation de Nick. Chacun manipule l’autre, mais aussi le lecteur. Et ça fonctionne.
Une écriture immersive
Le style de Flynn est fluide, précis, avec une narration à deux voix qui renforce la tension. Même si la première partie du roman traîne un peu, la seconde est captivante et devient impossible à lâcher. On est piégé dans cette spirale mentale et émotionnelle.
Livre vs Film
L’adaptation de David Fincher est très réussie, mais différente dans l’approche :
Le roman permet de mieux comprendre les motivations intérieures de Nick et Amy, leurs pensées, leur rapport à eux-mêmes et aux autres. Les détails sur la préparation d’Amy (peur du sang simulée, vomi gardé comme fausse preuve…) ajoutent à sa froideur glaçante. Les pensées les plus sombres de Nick sont explorées : sa misogynie, sa honte, ses frustrations. Cela rend son personnage plus nuancé, plus humain, parfois pathétique.
Le film, porté par le duo Pike/Affleck, privilégie le rythme et la tension visuelle. Rosamund Pike incarne Amy avec une intensité remarquable, et Ben Affleck exprime bien la complexité de Nick : son calme apparent, sa peur intérieure, son ambivalence. Ben Affleck incarne toutefois un Nick plus vulnérable, plus « propre », tout en gardant cette ambiguïté. Sa performance reste convaincante.
Le film simplifie certains aspects psychologiques, mais garde l’essentiel. L’ambiance froide, la bande-son angoissante, et la mise en scène de Fincher renforcent le sentiment d’horreur et de désespoir.
Les deux versions partagent la même fin, aussi choquante que frustrante : Nick reste avec Amy. À la lecture comme à l’écran, on se demande : vraiment ? c’est ça la fin ? Et pourtant, cette conclusion dérangeante colle parfaitement à l’univers tordu du récit.
Verdict
- Gone Girl est un thriller brillamment écrit, porté par deux personnages toxiques, complexes et dérangeants.
- C’est une lecture lente au départ, mais captivante sur la durée.
- Le roman offre une réflexion mordante sur le couple, la façade sociale et le rôle destructeur des médias dans la perception du vrai et du faux.
Si vous aimez les thrillers psychologiques qui dérangent et manipulent jusqu’à la dernière page, Gone Girl est fait pour vous.
Et si vous avez vu le film… lisez aussi le livre. Vous y trouverez encore plus de noirceur.
Malgré quelques longueurs et une fin qui laisse un goût amer, Gone Girl reste une très bonne lecture. Je recommande !
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