Gatsby le magnifique – F. Scott Fitzgerald

*Lu en français

Quand j’étais plus jeune et plus vulnérable, mon père, un jour, m’a donné un conseil que je n’ai pas cessé de retourner dans ma tête.
« Chaque fois que tu seras tenté de critiquer quelqu’un, m’a-t-il dit, songe d’abord que tout un chacun n’a pas eu en ce bas monde les mêmes avantages que toi. »
Il n’en a pas dit plus, mais comme nous avions une capacité peu ordinaire à communiquer dans la plus extrême réserve, j’ai compris qu’il exprimait ainsi beaucoup plus qu’il n’y paraissait. (Extrait chapitre 1)


J’ai terminé il y’a peu la lecture de Gatsby le Magnifique de F. Scott Fitzgerald, ce grand classique de la littérature américaine se déroulant dans les années 1920.
Quand j’ai commencé ce roman, j’étais persuadée que j’allais l’aimer — j’avais même prévu de regarder ensuite l’adaptation cinématographique avec Leonardo DiCaprio. Mais, après lecture… je doute vraiment de le faire.

De quoi parle le roman ?

Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby) raconte une histoire tragique d’amour, d’illusion et de rêve américain, sur fond d’années folles. Le roman est narré par Nick Carraway, jeune diplômé de Yale et vétéran de la Première Guerre mondiale, qui s’installe à West Egg, Long Island, pour travailler dans la finance.

Son voisin, le mystérieux millionnaire Jay Gatsby, organise de somptueuses fêtes dans l’espoir de raviver une ancienne romance avec Daisy Buchanan, la cousine de Nick.
Daisy est mariée à Tom Buchanan, un homme arrogant et infidèle, qui entretient une liaison avec Myrtle Wilson, la femme d’un garagiste du nom de George Wilson.
Le drame éclate lorsque, après une violente confrontation entre Tom et Gatsby, Daisy, au volant de la voiture de ce dernier, renverse accidentellement Myrtle. Son mari, George Wilson, croit que Gatsby est responsable de la mort de sa femme et qu’il était également son amant — ce malentendu mènera à la mort de Gatsby et au suicide de Wilson.

Mes impressions de lecture

Honnêtement, j’ai trouvé le roman lent à démarrer.
Les premières phrases m’ont plu — je me suis dit : « ce livre va me plaire ». Mais très vite, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Trop de personnages sont introduits trop vite, et je peinais à savoir qui était qui. Résultat : je me sentais un peu perdue et détachée de l’histoire.

Pendant les six premiers chapitres, j’avais l’impression qu’il ne se passait pas grand-chose. J’ai même fait des pauses, en espérant reconnecter avec le récit… sans succès.
C’est seulement à partir du chapitre 7 que j’ai enfin eu l’impression qu’une vraie intrigue se mettait en place, et que le roman prenait vie. À partir de là, j’ai été plus investie, jusqu’à être touchée par la fin tragique de Gatsby — seul, abandonné, incompris, alors que tous se détournent de lui. Seul Nick lui reste fidèle.

Malgré sa date de publication (1925), ce roman reste incroyablement actuel : il parle de désillusion, de superficialité, et de la fragilité des relations humaines — des thèmes toujours pertinents aujourd’hui.

Les personnages

  • Nick Carraway : C’est le personnage que j’ai le plus apprécié. Intègre, observateur et lucide, il apporte une voix morale au milieu de toute cette décadence. Malgré ses doutes, il reste bienveillant envers Gatsby, l’écoute, l’aide à revoir Daisy, et est le seul à s’occuper de ses funérailles. J’ai apprécié sa phrase finale, où il considère Gatsby comme « valant mieux que toute cette bande réunie », quand enfin le vrai visage des gens autour de lui est dévoilé.
  • Jay Gatsby : C’est un personnage qui m’a touchée. Obsédé par son rêve de retrouver Daisy, il a bâti sa fortune dans l’espoir de recréer un passé perdu. Mais Daisy, malgré un certain attachement, ne quittera jamais son confort ni son monde privilégié.
    Gatsby idéalise Daisy : il est amoureux de l’image qu’il s’est construite d’elle, plus que de la femme réelle. Cette incapacité à accepter le présent, à tourner la page, finira par le perdre.
  • Daisy et Tom Buchanan : Deux personnages que j’ai trouvés antipathiques, encore plus vers la fin de l’histoire. Ils incarnent la superficialité et l’irresponsabilité des privilégiés. Tom est infidèle, violent, égoïste. Daisy, quant à elle, est passive, légère, attachée à son confort matériel. Elle laisse Gatsby endosser la responsabilité du drame et ne lui rend même pas hommage après sa mort.

Ce que j’en retiens

Ce roman montre à quel point vivre dans le passé peut être destructeur. Gatsby n’a jamais réussi à avancer, prisonnier d’un rêve idéalisé. Avec cette histoire, Fitzgerald illustre parfaitement l’idée que le rêve américain, fondé sur la poursuite d’un idéal, peut parfois mener à la désillusion la plus totale. Il dévoile aussi le vide moral qui se cache derrière la richesse et le glamour et l’impossibilité de recréer le passé.

En bref

Malgré quelques passages magnifiques et une fin touchante, j’avoue que ma lecture a été difficile.
Je reconnais le talent de Fitzgerald, sa plume poétique et la profondeur de son message, mais je me suis très souvent ennuyée.
Peut-être est-ce dû à la traduction française en ma possession, ou peut-être simplement au moment où je l’ai lu.

Quoi qu’il en soit, je suis contente de l’avoir terminé — et qui sait, peut-être que je le relirai un jour, dans une autre période de ma vie, avec un regard différent.


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