*Lu en français

Extrait Prologue:
« Je ne dors plus. Depuis combien de temps ? Une nuit ? Deux ? Les heures se sont liquéfiées en un magma informe où le sommeil est un rivage inaccessible. Mon cœur martèle entre mes côtes comme un piston détraqué, une mécanique infernale prête à céder. Je guette le moindre frémissement suspect. L’attente est un supplice, un poison lent qui sape ma résistance. Quelque chose rôde. Je le sens. Une certitude viscérale vibre à travers mes nerfs À vif. Mes synapses surchargées alimentent la sensation persistante qu’un œil me fixe. Je tords mes doigts jusqu’à ce que mes articulations craquent, un son sec et dérisoire dans cette quiétude plombée. Ma glotte est une écorce aride, râpeuse. Chaque déglutition est une épreuve. »
Tout d’abord, un grand merci à @AloysiusWilde pour l’envoi de ce roman.
Bonjour à tous,
Je vous retrouve aujourd’hui pour une nouvelle chronique consacrée à Erreur critique d’Aloysius Wilde. J’ai entamé ce roman à la fin du mois de septembre, entre deux lectures, histoire de changer un peu de registre.
Comme je l’ai déjà mentionné dans d’autres chroniques, je ne suis pas une grande adepte du thriller pur. Mais, dans ma volonté de diversifier mes lectures, je me suis laissée tenter.
Résumé
Le roman suit Tess Parker, ancienne hackeuse de génie, ex-détenue et mère célibataire en pleine réinsertion. Elle tente de subvenir à ses besoins et à ceux de son fils de six ans en travaillant comme serveuse à mi-temps dans un diner – une existence précaire et sans éclat.
Sa vie bascule le jour où une entreprise de cybersécurité, Sentinel Cyber Solutions, lui propose une mission en apparence anodine : tester des systèmes informatiques pour en déceler les failles. Mais derrière cette opportunité se cache une manipulation machiavélique. Tess se retrouve piégée, seule contre tous, cherchant désespérément à prouver qu’elle n’était qu’un pion dans un vaste complot.
Mon ressenti
J’avoue que le roman se lit très vite : c’est un vrai page-turner. Cependant, plusieurs éléments m’ont gênée.
Le style et la narration
Le langage est souvent grossier, violent, voire vulgaire – un choix narratif que j’ai eu du mal à comprendre. Tous les personnages semblent exprimer une agressivité constante, ce qui finit par rendre l’atmosphère étouffante.
Le style d’écriture, bien que maîtrisé, ne m’a pas complètement séduite, car je n’aime pas trop la narration au présent; je m’y suis toutefois habituée au fil des pages. L’auteur manie bien la langue, mais certaines longueurs ralentissent le rythme, notamment à partir de la seconde partie, quand les détails de la manipulation deviennent trop nombreux.
L’intrigue
L’histoire met un certain temps à démarrer, mais une fois l’intrigue lancée, il devient difficile de décrocher. Cependant, malgré son intensité, le récit pâtit de quelques longueurs et de détails parfois superflus qui en cassent le rythme.
Les personnages
Tess, l’héroïne, m’a parfois agacée. Pour une ancienne hackeuse de génie, elle semble bien naïve et fait preuve d’un cruel manque de discernement; ce qui la rend peu crédible à mes yeux. Aussi je la trouve beaucoup trop passive. J’aurais aimé la voir plus lucide et combative.
Les personnages secondaires ne relèvent pas le niveau : son avocate est beaucoup trop inefficace, même pour une novice, et la plupart des protagonistes sont irritants. Seuls son fils, Ethan – touchant et courageux -, et Daniel tirent leur épingle du jeu, bien que ce dernier soit peu présent.
En résumé
Je ressors de cette lecture partagée. Erreur critique est un roman intéressant, avec une intrigue bien construite et de bons rebondissements, mais desservi par un excès de longueurs et des dialogues inutilement crus.
Malgré ces bémols, le livre reste prenant, et l’auteur démontre une vraie maîtrise du suspense et du détail. Je pense qu’une version plus condensée rendrait le tout encore plus efficace.
Et cette fin… quelle surprise !
En conclusion
Je recommande Erreur critique aux amateurs de thrillers intenses, riches en rebondissements, et à ceux qui apprécient les intrigues technologiques complexes.
Le roman, très visuel, pourrait d’ailleurs faire une excellente adaptation cinématographique.
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