Des souris et des hommes – John Steinbeck

*Lu en français et anglais

Des souris et des hommes - John Steinbeck

« Des souris et des hommes » est un roman majeur de John Steinbeck, publié dans la traduction française de Gallimard. L’histoire se déroule pendant la Grande Dépression aux États-Unis et aborde les rêves et les défis de deux travailleurs migrants, George et Lennie. Steinbeck met en lumière les thèmes de l’amitié, de la solitude et de la quête d’une vie meilleure. Le roman est connu pour ses personnages profonds et sa représentation poignante des conditions sociales de l’époque.


Février a commencé doucement côté lecture. Entre les journées grises et un peu moroses, l’envie de me plonger dans un roman n’était pas vraiment au rendez-vous… mais j’ai tout de même réussi à terminer mon premier livre du mois, celui dont je vous parle aujourd’hui.

Je me suis enfin décidée à découvrir un classique dont j’avais énormément entendu parler sans jamais l’avoir lu : Des souris et des hommes (Of Mice and Men), publié en 1937 par John Steinbeck.


De quoi parle le roman ?

L’histoire suit deux travailleurs migrants durant la Grande Dépression :
George Milton, petit, vif et débrouillard, et Lennie Small, grand, doté d’une force impressionnante mais intellectuellement diminué.

Ils voyagent ensemble avec un rêve simple mais immense : économiser assez d’argent pour acheter leur propre petite ferme. Un coin à eux, loin de la dureté du monde, où Lennie pourrait s’occuper d’animaux doux — surtout des lapins.

Lorsqu’ils trouvent du travail dans un ranch en Californie, ils rencontrent plusieurs personnages marquants :

  • Candy, un ouvrier vieillissant qui espère rejoindre leur projet,
  • Curley, le fils agressif du patron,
  • la femme de Curley, profondément seule,
  • et Slim, un muletier respecté.

Mais l’équilibre est fragile. Lennie, incapable de mesurer sa propre force, provoque un drame en paniquant. À partir de là, tout bascule. Une traque s’organise. George retrouve Lennie le premier… et fait un choix terrible.

Le roman se clôt sur un rêve brisé et la brutalité d’un monde qui ne laisse que peu de place aux faibles.


Mon ressenti

Je dois avouer que le roman ne m’a pas particulièrement marquée… du moins, pas avant la fin.

La dernière scène, en revanche, a été un véritable coup de poing. Soudaine, brutale, presque irréelle. J’ai dû relire le passage pour m’assurer d’avoir bien compris. Ce geste, même présenté comme un acte de miséricorde, reste profondément violent.

Tout au long du récit, on voit George protéger Lennie, prendre soin de lui, essayer de maintenir leur rêve en vie malgré tout. Leur relation est le cœur du roman. Alors cette fin… elle déroute. Elle fait mal.

Et c’est sans doute l’effet recherché.


Une lecture inconfortable

Ce qui a rendu ma lecture difficile, ce n’est pas seulement la violence — envers les hommes, envers les animaux, envers les plus vulnérables — mais surtout le langage raciste utilisé à répétition.

Je comprends le contexte historique. Nous sommes dans l’Amérique des années 30, et Steinbeck voulait refléter la réalité brute de son époque. Le racisme était omniprésent, normalisé, inscrit dans les lois et les mentalités.

Mais comprendre le contexte n’enlève pas le malaise.

Lire aujourd’hui certains termes, imprimés noir sur blanc, reste douloureux. Oui, c’est historiquement exact. Oui, cela souligne la violence quotidienne vécue par Crooks, palefrenier noir dans l’oeuvre. Mais je me suis souvent demandé si cette répétition était nécessaire.


La violence et la colère

Un autre point qui m’a refroidie : la violence omniprésente.
Violence sociale. Violence physique. Violence économique.

Même George, bien qu’attentionné, est souvent colérique. Beaucoup de personnages le sont. On ressent constamment la frustration, la dureté d’une époque où survivre suffisait déjà à épuiser les hommes.

Le Style

Le style, lui, est simple, direct. Les dialogues sont réalistes. Le roman est court et se lit rapidement — presque comme une pièce de théâtre.


Deux lectures, deux ressentis

Je l’ai lu une première fois en français, puis une seconde en anglais.

Étrangement, la deuxième lecture m’a permis d’apprécier davantage le message du roman. J’étais toujours choquée par le langage, mais davantage touchée par la tragédie humaine. Par ces deux hommes et leur rêve fragile.

Avec du recul, je comprends mieux ce que Steinbeck a voulu montrer : dans ce monde, les bonnes intentions ne suffisent pas. Les rêves non plus.


Dans ma bibliothèque cozy ?

Honnêtement… non.

Le roman ne m’a pas suffisamment captivée pour que je ressente l’envie de le relire, ou de lui faire une place parmi mes lectures marquantes; deux lectures me semblent largement suffisantes.
De plus, il aborde trop de thèmes sensibles et contient trop d’éléments déclencheurs pour que j’aie envie d’y revenir.

Mais je reconnais la puissance du message et la force émotionnelle de la fin.

Et vous, avez-vous déjà lu ce roman? Qu’en avez-vous pensé?


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