Secrets de Danielle Steel : que vaut le téléfilm?

Bonjour à tous !
Je reviens aujourd’hui avec une nouvelle chronique film.

Il y a quelques mois, j’ai relu Secrets de Danielle Steel, publié en 1985 — un roman que j’avais découvert pour la première fois il y a plus de vingt ans. Cette relecture a été teintée de nostalgie : certes, j’ai moins aimé que dans mes souvenirs d’adolescente, mais j’ai tout de même apprécié le roman.
Naturellement, j’ai eu envie de revoir son adaptation télévisée de 1992, disponible gratuitement sur YouTube, et d’en faire une petite chronique.


Roman vs adaptation : profondeur contre condensation

Comme souvent, le roman offre une richesse que le film, plus court, ne peut pas entièrement retranscrire. Les 266 pages permettent une exploration psychologique un peu plus détaillée de chaque personnage, de leurs traumatismes, de leurs fragilités, de leurs ambitions et de leurs secrets.
Le film, limité à 93 minutes, condense inévitablement plusieurs arcs narratifs.

Certains éléments ont été :

  • simplifiés,
  • modifiés,
  • ou même totalement réécrits pour coller au rythme du scénario et aussi à sa nouvelle direction.

Par exemple :

  • La relation abusive de Jane est montrée de façon plus « flagrante » dans le film, alors que le roman insistait davantage sur la manipulation psychologique et la subtilité de la violence mentale.
  • Le ton général du roman est plus dramatique, plus introspectif, tandis que le film privilégie une narration plus légère et davantage axée sur la romance et le glamour — un choix assez typique des téléfilms des années 90.

Le casting : mes impressions

En revoyant le film adulte, j’ai eu un regard très différent de celui que j’avais enfant/adolescente.

Mel Wechsler – Christopher Plummer

Je dois avouer qu’au début, le choix de l’acteur m’a surprise. Mais au fur et à mesure du film, Plummer m’a convaincue : il apporte le charisme et la prestance nécessaires au rôle.
Seul regret : la dimension psychologique de Mel — sa solitude, la perte de sa famille, ses blessures — est très peu explorée, alors qu’elle est essentielle dans le roman. En effet, on nous explique dans le roman qu’il est devenu workaholic après la mort tragique de sa famille. Le travail est donc pour lui une échappatoire pour oublier son chagrin.

Sabina Quarles – Stephanie Beacham

Dans le roman, Sabina est une diva américaine obsédée par sa jeunesse.
Dans le film, elle devient une élégante actrice britannique, plus douce et plus raffinée.
Même si le choix diffère de l’œuvre originale, Stephanie Beacham incarne très bien la sophistication et l’allure de Sabina. Je l’ai trouvée magnifique dans ce rôle.

Zack Taylor – Gary Collins

J’ai moins aimé le choix de l’acteur pour Zack. Dans le roman, je l’imaginais plus séduisant, plus raffiné, plus délicat. Son secret a été complètement changé dans le film, ce qui explique peut-être le casting différent.
Dans le roman, son secret avait plus une base psychologique, lié à ses insécurités et à la société de l’époque.
Dans le film, on lui donne un « dark secret » concret, presque sensationnaliste, plus typique des soap operas.

Jane Adams – Linda Purl

J’ai été moins convaincue par le choix de l’actrice pour incarner Jane, surtout au début. Dans le roman, elle est effectivement décrite comme innocente, mais dans le film, son visage m’a semblé trop candide, surtout face à l’actrice choisie pour interpréter Sabina, qui dégage une maturité beaucoup plus marquée. Malgré mes réserves initiales, j’admets que cela fonctionne à l’écran : elle et Gary Collins ont une très belle alchimie.

Un autre point qui m’a un peu gênée, est le fait que Jane perd une partie de la nuance psychologique que Danielle Steel avait construite autour de sa maternité, de ses ambitions et de sa vulnérabilité. Dans le film, elle devient principalement le centre d’un drame romantique.

Comme dans le roman, j’ai détesté son mari : égoïste, manipulateur, violent. Et sa fille (elle en a deux dans le roman) décroche la seconde position, juste derrière lui.

Bill Warwick– Ben Browder

Bien qu’il ne soit pas mon premier choix personnel, Browder fonctionne dans le rôle.
Dans le roman, son arc narratif tourne autour d’un mensonge professionnel et ses répercussions sur sa carrière et la production de l’émission. Dans le film, même si le secret demeure, son intrigue bascule plus vers le drame personnel : son mariage compliqué est plus mis en avant, la dépendance de sa femme et même l’accusation de meurtre. On passe ainsi d’un récit centré sur les coulisses du showbiz à une histoire beaucoup plus dramatique et policière, marquée par la manipulation, la trahison et la violence – des thèmes bien plus appuyés que dans le roman.

Gabrielle « Gaby » Smith – Josie Bissett

Excellent choix. C’est une actrice que j’ai toujours trouvée superbe – encore plus avec les cheveux courts. Elle apporte beaucoup d’élégance et de charme au rôle, même si son personnage est nettement simplifié par rapport au roman.
Dans le livre, Gaby est aristocratique, mystérieuse et dotée d’une réelle complexité psychologique. Dans le film, elle devient un personnage surtout glamour et plus léger, dont le mystère s’efface au profit d’une version davantage centrée sur la romance.

Ambiance, élégance et esthétique

Un des grands plaisirs du film, c’est son esthétisme très années 90 :

  • les tenues élégantes,
  • les costumes glamour,
  • la mise en scène simple mais soignée,
  • l’ambiance « soap opera chic » typique de l’époque.

Le roman évoque déjà cette élégance, mais le film la met réellement en images.
C’est le genre de téléfilm que l’on aime regarder un après-midi de week-end, une tasse de thé à la main, pour se vider la tête.

Les différences majeures entre roman et film (en bref)

  • Zack : profond et psychologique dans le roman ; simplifié et doté d’un secret plus dramatique dans le film.
  • Sabina : diva américaine vieillissante dans le roman ; élégante actrice britannique dans le film.
  • Jane : personnage nuancé, tiraillée entre ambition et maternité dans le roman ; davantage centrée sur la romance dans le film.
  • Bill : arc professionnel dans le roman ; drame personnel dans le film.
  • Gaby : aristocratique et mystérieuse dans le roman ; glamour mais simplifiée dans le film.
  • Mel : figure professionnelle forte dans le roman ; personnage plus vulnérable et romantisé dans le film.

En somme, le film mise sur le drame, le glamour, et la romance, là où le roman explore la psychologie, les peurs, et les traumatismes.

Verdict final

Malgré ses simplifications, Secrets (1992) demeure un téléfilm plaisant, élégant et divertissant.
On perd en profondeur ce qu’on gagne en ambiance romanesque et en charme vintage.

Un film imparfait mais agréable, idéal pour un visionnage léger, surtout si vous aimez les téléfilms des années 90 ou si vous avez apprécié le roman.

👉 Pour lire ma chronique du roman Secrets, veuillez cliquer [ici]

👉 Pour le voir gratuitement sur Youtube, veuillez cliquer [ici]


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