Cahier d’un retour au pays natal – Aimé Césaire

*Lu en français

Cahier d'un retour au pays natal AC cover

« Au bout du petit matin bourgeonnant d’anses frêles les
Antilles qui ont faim, les Antilles grêlées de petite vérole,
les Antilles dynamitées d’alcool, échouées dans la boue de
cette baie, dans la poussière de cette ville sinistrement
échouées. »


Le week-end dernier, j’ai enfin pris le temps de lire Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire.

Depuis le lycée, je voyais souvent cette œuvre citée ou recommandée, sans jamais l’avoir ouverte, en me disant toujours : “un jour, peut-être…”. Eh bien, ce jour est enfin arrivé – et je ne le regrette pas ! Je peux désormais ranger ce classique, avec satisfaction, dans la catégorie “lus”.

Présentation

Publié pour la première fois en 1939, Cahier d’un retour au pays natal est une œuvre poétique fondatrice du mouvement de la Négritude, ce courant qui revendique la fierté et la dignité des cultures noires face au colonialisme.
Frantz Fanon y fait d’ailleurs référence dans Peau noire, masques blancs, ce qui m’a donné envie de découvrir le texte pour mieux comprendre l’univers de Césaire.

Le poème retrace le retour du narrateur (probablement Césaire lui-même) en Martinique, après ses études en métropole. Il y découvre une société marquée par la misère, la résignation et le dégoût de soi, conséquence directe du colonialisme.

À travers une prose poétique lyrique, révoltée et introspective, Césaire dénonce la domination coloniale tout en affirmant la nécessité de réapproprier son identité, son histoire et sa culture.
Le texte oscille entre désespoir et espoir, entre la vision cauchemardesque d’un peuple brisé et l’appel vibrant à une renaissance spirituelle et culturelle.

Mon ressenti

C’est une œuvre puissante, mais exigeante.
La langue de Césaire est incantatoire, dense et imagée, parfois même déroutante. Certains passages m’ont profondément marquée, d’autres m’ont totalement perdue.
J’ai dû relire certains passages, voire tout le texte une seconde fois, pour mieux en saisir le sens. Heureusement, le livre est assez court.

Ce que je regrette un peu, c’est son inaccessibilité : l’écriture est tellement symbolique et poétique qu’elle peut décourager un lecteur qui n’est pas familier avec ce genre de prose.
Mais, malgré la difficulté, la beauté de la langue et la force du message m’ont impressionnée. Césaire écrit avec une intensité rare, une colère lucide et une foi immense dans la dignité humaine.

En conclusion

Cahier d’un retour au pays natal est une œuvre incontournable, une lecture essentielle pour quiconque s’intéresse à la Négritude, à la poésie engagée ou à la mémoire coloniale.
Même si le texte est parfois difficile à comprendre, il reste une expérience de lecture forte et enrichissante.

Je le recommande, surtout aux lecteurs curieux de découvrir les racines du mouvement de la Négritude et la pensée poétique de Césaire.


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