Je viens de revoir la première saison de A Discovery of Witches, et j’ai envie de partager mes impressions, en comparaison avec ma lecture du premier tome de la trilogie.
La première fois que j’ai découvert la série, c’était à sa sortie, il y a plusieurs années. Je m’en souvenais comme d’un très bon début, suffisamment accrocheur pour me donner envie de lire le livre. Je l’avais acheté à l’époque… mais il est resté sur mon étagère jusqu’à récemment.
Retour sur le roman
Honnêtement, j’ai été déçue par ma lecture. L’autrice, Deborah Harkness, est historienne de formation, et je l’ai ressenti : le roman est extrêmement documenté, riche en références culturelles et historiques, et la manière dont elle entremêle histoire réelle et imaginaire est impressionnante. Cela dit, j’ai trouvé l’ensemble trop lourd. Beaucoup trop de détails, des passages interminables sur des routines quotidiennes (Diana qui fait l’aviron, fait du yoga, boit du thé, va à la bibliothèque…), au point que j’ai eu la sensation de lire 400 pages de remplissage.
Autre difficulté : les personnages. Diana est décrite comme une héroïne parfaite — belle, blonde, érudite, intelligente, douée pour tout. Cette perfection rend son personnage agaçant et peu crédible. À l’inverse, Matthew, vampire de plus de 1500 ans, est censé être surhumainement cultivé et puissant, ce qui est cohérent avec son âge. Mais Diana, à 33 ans, qui parle autant de langues, même celles dites mortes et attire tout le monde… j’ai eu beaucoup de mal à y croire.
Bref, j’ai trouvé le livre long et frustrant, même si je reconnais la qualité de la recherche et de la construction de l’univers.
Pour les curieux, ma chronique détaillée du roman est disponible ici.
Mon avis sur la série (saison 1)
Revoir la première saison de A Discovery of Witches après plusieurs années m’a rappelé à quel point celle-ci était une réussite. Dès les premières minutes, la série installe son univers avec efficacité : Diana découvre le mystérieux Ashmole 782, et tout s’enchaîne naturellement. Contrairement au roman, qui s’attarde parfois sur des détails superflus, la série va droit au but, sans perdre la richesse de son intrigue.
Un univers visuellement envoûtant
Impossible de ne pas mentionner la beauté visuelle de la série. Les décors sont somptueux : Oxford, ses bibliothèques anciennes, les paysages français, les châteaux et les scènes à Venise créent une ambiance immersive et raffinée. Chaque plan est travaillé comme une peinture : la lumière, les couleurs, les textures renforcent le mystère et la sensualité propres à l’histoire. L’atmosphère est à la fois mystérieuse, élégante et immersive. C’est une œuvre visuellement cohérente et captivante, à la hauteur de l’univers littéraire imaginé par Deborah Harkness.
Les personnages
Côté personnages, la série A Discovery of Witches propose un traitement bien plus nuancé et captivant que le roman.
Matthew Goode est, sans surprise, un choix idéal pour incarner Matthew de Clermont. Son jeu est empreint de charisme, de retenue et d’une certaine intensité contenue. Là où le livre le dépeint souvent comme un être possessif et parfois inquiétant, la série parvient à adoucir ces traits, rendant le personnage plus humain, complexe et séduisant. Son rôle de narrateur dans les introductions d’épisodes renforce d’ailleurs cette profondeur et participe au mystère qui l’entoure.
Teresa Palmer, dans le rôle de Diana Bishop, m’a davantage partagée. Elle est crédible dans son apparence et la douceur qu’elle projette colle bien au personnage, mais son jeu manque parfois de nuances. Certaines scènes sonnent justes, d’autres un peu trop forcées. Pourtant, son alchimie avec Matthew Goode est indéniable : leur complicité rend le couple tout à fait crédible à l’écran. Et cette connexion émotionnelle suffit à faire fonctionner leur duo et à maintenir l’intérêt du spectateur.
J’ai également beaucoup apprécié Lindsay Duncan dans le rôle d’Isabeau de Clermont. Elle incarne la noblesse et la froide élégance du personnage avec une prestance remarquable. Derrière son autorité, on perçoit une fragilité et une profondeur touchantes. Trystan Gravelle, qui interprète Baldwin, apporte lui aussi une présence forte et une énergie brute. Son interprétation des deux premières saisons était convaincante, et son remplacement ultérieur a marqué, selon moi, le début du déclin qualitatif de la série à partir de la saison 2.
Parmi les seconds rôles, Elarica Johnson est marquante dans la peau de Juliette Durand. Elle réussit à exprimer la souffrance, la jalousie et la douleur de son personnage avec justesse. Aiysha Hart (Miriam Shepherd) est également remarquable : son personnage de vampire stoïque, rationnelle et fidèle illustre parfaitement le pragmatisme et la loyauté du clan de Matthew. À l’inverse, Edward Bluemel (Marcus Whitmore) m’a moins convaincue : son interprétation, trop impulsive, donne l’impression d’un personnage superficiel, souvent dans la précipitation.



Gregg Chillin (Domenico Michele) apporte quant à lui une légèreté bienvenue et une touche d’humour malicieuse qui équilibre les intrigues plus sombres. Enfin, Trevor Eve (Gerbert d’Aurillac) est parfait dans le rôle de l’antagoniste : il a littéralement la tête du méchant qu’on adore détester et interprète son rôle avec une intensité glaçante.
La série fait également un très bon usage de ses personnages secondaires : Gillian (Louise Brealey), Satu (Malin Buska), Peter Knox (Owen Teale), ainsi que les tantes de Diana, Sarah (Alex Kingston) et Em (Valerie Pettiford), participent tous à enrichir le récit. Chacun trouve sa place, et cette attention portée aux rôles secondaires rend l’univers plus vivant et plus crédible.



Dans l’ensemble, le casting est solide, le jeu des acteurs convaincant, et la mise en scène d’une grande élégance.
Une narration mieux équilibrée
J’ai aussi beaucoup aimé que ce soit Matthew qui assure la voix off au début de chaque épisode. Ce choix narratif renforce le mystère et donne plus de profondeur au récit. Dans le roman, l’histoire est racontée uniquement du point de vue de Diana, avec quelques rares exceptions pour Matthew. Ce manque d’alternance rendait le livre parfois monotone — un écueil que la série parvient à éviter.
Série vs. roman
En comparaison, la série me semble largement supérieure au roman. Elle va droit à l’essentiel, met en valeur ses décors, et bénéficie d’un casting charismatique. Là où le livre souffre de longueurs et de personnages trop parfaits, la série parvient à équilibrer les forces et faiblesses de chacun.
Même la bande-son est bien choisie; chaque morceau musical accompagne parfaitement les émotions et contribue à l’ambiance mystique et romantique de la série.
La première saison est, selon moi, une véritable réussite — un équilibre parfait entre fidélité au roman et modernité. Même si certaines performances sont inégales, l’ensemble fonctionne si bien que l’on se laisse emporter. Malheureusement, les saisons suivantes — surtout la troisième — m’ont laissée sur ma faim, l’intrigue perdant de sa force et certains choix de casting brisant la cohérence initiale.
En conclusion
A Discovery of Witches demeure un véritable bijou, à la fois visuel et narratif. Portée par Matthew Goode et un excellent casting secondaire, la série propose une adaptation fidèle mais modernisée, qui sublime le roman tout en effaçant certaines de ses longueurs.
Si quelques interprétations m’ont laissée plus mitigée — notamment celle de Teresa Palmer —, l’ensemble reste une belle réussite. La série parvient à plonger le spectateur dans un univers mystique, sensuel et richement construit, sans jamais perdre en cohérence.
Pour celles et ceux qui ont trouvé le roman trop dense, je vous recommande vivement de tenter la série, en particulier la première saison, selon moi la plus réussie et la plus équilibrée.
Je ne regrette cependant pas d’avoir lu le livre : il apporte des nuances et des détails que l’écran ne peut pas toujours rendre. Mais si je devais trancher, ma préférence irait sans hésiter à la saison 1, qui parvient à condenser toute la magie du récit original avec une intensité rare.
Infos pratiques sur la série :
- Titre : A Discovery of Witches
- Origine : série britannique adaptée de la trilogie All Souls de Deborah Harkness.
- Diffusion : Saison 1 (8 épisodes) en 2018 sur Sky One, suivie de deux autres saisons en 2021 et 2022.
- Casting : Matthew Goode (Matthew de Clermont), Teresa Palmer (Diana Bishop), Edward Bluemel, Louise Brealey, Malin Buska, Aiysha Hart, Owen Teale, Alex Kingston, Valarie Pettiford.
- Réception : critiques globalement positives, notamment pour l’alchimie entre les personnages principaux. Nommée aux National Television Awards dans la catégorie « Meilleure nouvelle série dramatique ».
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