Avis Film – Gone Girl (2014)

Quelques mois après avoir lu le roman Gone Girl et quelques années après avoir vu le film, j’ai décidé de le revoir afin de me rafraîchir la mémoire pour pouvoir écrire cette chronique.
Sorti en 2014, Gone Girl est un thriller psychologique réalisé par David Fincher et écrit par Gillian Flynn, d’après son propre roman paru en 2012.
Le film met en scène Ben Affleck dans le rôle de Nick Dunne, Rosamund Pike dans celui d’Amy Elliott Dunne, ainsi que Neil Patrick Harris, Tyler Perry et Carrie Coon, qui faisait ici ses débuts au cinéma.
L’intrigue se déroule dans le Missouri, où Nick devient le principal suspect après la disparition soudaine de sa femme, Amy.
👉 Vous pouvez lire ma chronique sur le roman [ici].


Mes impressions

J’avais découvert Gone Girl il y a une dizaine d’années, et j’en gardais un excellent souvenir – souvenir qui s’est confirmé après ce nouveau visionnage. Bien que le film reste très fidèle au roman, il parvient à lui insuffler une dimension plus vivante, notamment dans les passages inspirés du journal intime d’Amy. Dans le livre, ces entrées m’avaient semblé un peu monotones, et je craignais de retrouver cette lenteur à l’écran. Heureusement, le film évite cela en choisissant de mettre en scène les « souvenirs » d’Amy plutôt que de simplement la montrer en train d’écrire. Tout cela rend l’ensemble plus dynamique et accentue le contraste entre le récit subjectif d’Amy et la réalité que vit Nick.

La première partie du film

La première partie, centrée sur la disparition d’Amy et l’enquête policière, est particulièrement réussie. On y ressent la pression des médias et le soupçon grandissant envers Nick. Grâce aux flashbacks inspirés du journal intime, le spectateur est manipulé de la même manière que les personnages du film : tout semble accuser Nick, et on finit par douter de sa sincérité.

Le film parvient ainsi à traduire parfaitement l’ambiguïté du roman — cette impression constante que quelque chose ne colle pas, sans qu’on puisse dire quoi exactement.

Le jeu des acteurs

Le casting est, à mon avis, excellent et le jeu des acteurs superbe.

  • Ben Affleck incarne Nick avec justesse : il a ce côté à la fois séduisant et antipathique, qui correspond exactement au personnage. Il joue très bien le mari maladroit, un peu détaché, dont le comportement ambigu suscite la méfiance du public.
  • Rosamund Pike, quant à elle, est exceptionnelle dans le rôle d’Amy. Elle dégage cette beauté froide et troublante qui colle parfaitement au personnage. Sa performance est magistrale : elle parvient à rendre Amy à la fois fascinante, manipulatrice et terrifiante. Sa nomination à l’Oscar était totalement méritée.
  • J’ai également adoré Carrie Coon, qui joue Margo, la sœur jumelle de Nick. Son personnage apporte un ancrage émotionnel fort. Elle est loyale, honnête, et son soutien indéfectible envers son frère rend le film plus humain.

Même les seconds rôles sont remarquables. Tyler Perry apporte une touche à la fois d’humour et de réalisme dans la peau de Tanner Bolt, un avocat opportuniste toujours en quête d’une affaire médiatique juteuse. De son côté, Neil Patrick Harris incarne avec justesse Desi, un homme prisonnier de son obsession et de sa dépendance affective envers Amy.

Thèmes et critique sociale

L’un des aspects les plus puissants du film, c’est sa critique des médias.
Fincher montre à quel point l’opinion publique peut être façonnée par les images, les interviews et la manière dont une histoire est racontée. Nick devient coupable aux yeux du monde simplement parce qu’il ne se comporte pas comme un “mari endeuillé typique”. Ce regard sur la manipulation médiatique est glaçant et terriblement actuel.

Le rapport au livre

Ayant lu le roman de Gillian Flynn, j’ai trouvé que le film était une excellente adaptation, parfois même meilleure que le roman sur certains aspects.
La première partie, notamment, gagne en rythme et en tension grâce au montage parallèle entre les récits d’Amy et de Nick.
La deuxième partie, qui révèle le plan machiavélique d’Amy, est plus détaillée dans le livre — ce qui est normal, car un film, ayant un temps limité, ne peut pas toujours tout montrer — mais Fincher réussit à en capturer l’essence.

La fin et sa portée morale

Je n’ai pas aimé la fin, ni dans le film ni dans le livre. Le fait qu’Amy “gagne” en manipulant tout le monde me laisse un goût amer.
Certes, Nick a ses torts — il a été infidèle, faible, et parfois lâche — mais Amy est, sans conteste, la véritable manipulatrice. Le film met bien en lumière ce rapport de domination, où chacun reste piégé dans une relation toxique. C’est frustrant, mais c’est aussi ce qui fait la force du scénario.

Esthétique et bande-son

L’esthétique du film est impeccable : la colorimétrie froide, les plans précis et la musique anxiogène renforcent l’atmosphère de tension permanente. Rien n’est laissé au hasard. La photographie, signée Jeff Cronenweth, contribue à créer cette ambiance inquiétante et hypnotique propre aux thrillers de Fincher.

Verdict final

En résumé, Gone Girl est un thriller psychologique brillant, porté par une réalisation impeccable, un scénario solide et des acteurs exceptionnels.
C’est une adaptation fidèle et réussie du roman, qui parvient à en préserver toute la tension et à me tenir en haleine du début à la fin

Un film captivant, dérangeant, et toujours aussi marquant plus de dix ans après sa sortie.


En savoir plus sur Mademoiselle Tasha

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Review My Order

0

Subtotal